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Cours de Ph. Desy, "Les genres littéraires en Grèce et à Rome" 12 décembre 2018, Université Libre de Bruxelles
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Colloque Antheia - Sorbonne - 15/10/2016
Cette thèse de doctorat porte sur la mendicité et la figure du mendiant dans la littérature grecque, d’Homère jusqu’aux philosophes cyniques. Quatre familles de mots servent de point de départ à cette étude : πτωχός « le mendiant »,... more
Cette thèse de doctorat porte sur la mendicité et la figure du mendiant dans la littérature grecque, d’Homère jusqu’aux philosophes cyniques. Quatre familles de mots servent de point de départ à cette étude : πτωχός « le mendiant », ἀγύρτης « le prêtre mendiant », ἀλήτης « vagabond », πλάνης « le rôdeur » et la triade ἐπαίτης, προσαίτης, μεταίτης « le quémandeur ». Le hasard de la conservation veut que les attestations de la mendicité dans la littérature grecque se cantonnent au corpus poétique. Or, par sa dimension pragmatique, la poésie grecque reste liée à son contexte d’origine, en traitant toujours de problématiques sociales qui lui sont contemporaines. Notre travail se propose d’étudier dans quelle mesure les représentations littéraires et esthétiques de la mendicité sont investies d’une fonction sociale. Notre thèse adopte trois perspectives méthodologiques : une étude lexicale de la mendicité examinant les jeux de synonymie et les connotations, un examen des fonctions littéraires et dramatiques du personnage, tantôt catalyseur de l'action, tantôt vecteur d'émotions, et une analyse sur son rôle argumentatif dans les réflexions politiques et morales sur la pauvreté au IVème siècle. Le motif de la mendicité permet aux Grecs d’envisager un certain type d’exclusion civique, et en contre-point, d’appréhender la nature du lien social. Une étude chronologique montre que ce personnage, initialement contre-modèle du parfait citoyen, devient aux moments de grands bouleversements économiques un personnage attachant, permettant à la cité de réintégrer symboliquement les pauvres et de prôner indirectement la solidarité collective.
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Cet article a pour but de comprendre l'évolution sémantique de κοίρανος en fonction du contexte politique de l'épopée homérique, ainsi que les effets d'intertextualité naissant de ses différents emplois. Dans l'Iliade, le κοίρανος a pour... more
Cet article a pour but de comprendre l'évolution sémantique de κοίρανος en fonction du contexte politique de l'épopée homérique, ainsi que les effets d'intertextualité naissant de ses différents emplois. Dans l'Iliade, le κοίρανος a pour fonction militaire de galvaniser et mettre en ordre les troupes. Il a une connotation positive car il est la marque d'une direction concertée de l'armée. Dans l'Odyssée, le κοίρανος est l'héritier d'une aristocratie guerrière qui tente de profiter de l'affaiblissement de l'ἄναξ pour établir un pouvoir usurpateur. Sa connotation est négative car Ulysse veut régner en roi incontesté et refuse de partager le pouvoir.
English title: The word κοίρανος in the Homeric epic Abstract: This paper aims to understand in homeric epic the semantic evolution of κοίρανος depending on the political context, and its intertextual effects. In the Iliad, the κοίρανος has to galvanize and organize the troops. It has a positive connotation because it is a proof of the collective direction of the army. In the Odyssey, the κοίρανος is the heir of an aristocracy who tries to take advantage of the loss of political influence of the ἄναξ, to establish an usurper authority. It has a negative connotation because Ulysses wants to be an unchallenged king and refuses to share his power.
Le personnage d'Homère, tel qu'il a été reconstruit et élaboré par la doxographie postérieure, est présenté comme un mendiant. Cette contiguïté entre poésie épique et mendicité est révélatrice de la façon dont les Grecs de l'époque... more
Le personnage d'Homère, tel qu'il a été reconstruit et élaboré par la doxographie postérieure, est présenté comme un mendiant. Cette contiguïté entre poésie épique et mendicité est révélatrice de la façon dont les Grecs de l'époque classique et hellénistique imaginaient les débuts de la poésie épique, soulignant la précarité d'une poésie anonyme et exclusivement orale. Mais nous voudrions montrer que cette proximité entre les figures du mendiant et de l'aède se retrouve déjà dans l'Odyssée, quand Ulysse, incognito, sous des hardes de mendiant, raconte ses prétendues aventures à Eumée (XIV, 192-359, 462-502), aux prétendants (XVII, 419-444) et à Pénélope (XIX, 165-303). Cet article a pour but d'étudier les parallèles lexicaux qui rapprochent ces deux figures et de comprendre pourquoi elles sont mises en parallèle. Abstract: Homer's character, as reconstructed and elaborated by the later doxography, is presented as a beggar. This contiguity between epic poetry and begging is indicative of how the Greeks of the classical and Hellenistic periods imagined the beginnings of epic poetry, underlining the precariousness of an anonymous and exclusively oral poetry. But we would like to show that this proximity between the figures of the beggar and the aedes is already found in the Odyssey, when Odysseus, incognito, under herds of beggars, tells his alleged adventures to Eumaeus (XIV, 192-359, 462-502), the suitors (XVII, 419-444) and Penelope (XIX, 165-303). The purpose of this article is to study the lexical parallels between these two figures and to understand why they are compared.
Résumé : Le mendiant est un personnage omniprésent chez les poètes tragiques, en particulier chez Euripide qui l’introduit très tôt et avec beaucoup d’accessoires, de haillons et d’ustensiles dérisoires. A-t-il pour autant posé les normes... more
Résumé : Le mendiant est un personnage omniprésent chez les poètes tragiques, en particulier chez Euripide qui l’introduit très tôt et avec beaucoup d’accessoires, de haillons et d’ustensiles dérisoires. A-t-il pour autant posé les normes de la représentation théâtrale de ce personnage ? Il n’en est rien, comme le montre le cas de Sophocle qui, dans l’Œdipe à Colone, son unique pièce à mendiant, renouvelle en profondeur les moyens de convoquer sur scène la mendicité : aux accessoires théâtraux, il substitue la parole poétique et la scénographie verbale. Mais d’Euripide à Sophocle, la représentation du mendiant ne fait-elle que changer de moyens, sans rien impliquer de neuf quant à la vision qui en est proposée ? Loin d’être seulement technique, la transformation que Sophocle fait subir à la représentation du mendiant engage le sens qu’il donne à ce personnage et à sa condition. La mendicité est désormais liée à l’hospitalité, thème central des tragédies de l’accueil. Pourtant, s’il politise le motif de l’errance, Sophocle n’exploite pas la contiguïté thématique entre le vocabulaire de la quête et celui de la supplication. Le motif de la mendicité a donc une autre fonction. Ces évocations de la vie clocharde d’Œdipe et Antigone sont toujours insérées dans des passages qui veulent susciter la pitié, et sont le plus souvent développées par leurs adversaires dans un but rhétorique précis. Au contraire, dans les propos de Thésée, Œdipe n’est jamais assimilé à un mendiant, mais au contraire à un hôte. Pourquoi quête et aumône sont-elles complètement évacuées du discours athénien ? Œdipe est soumis au principe de réciprocité qui, en échange de la dernière demeure qui lui est offerte sur le sol de Colone, donne le pouvoir propitiatoire de son pauvre « corps » (δέμας, 576) meurtri, un « cadeau qui n’est pas fier à voir » (δῶρον οὐ σπουδαῖον εἰς ὄψιν, 577) mais dont « le bénéfice est bien supérieur à une belle apparence » (κέρδη παρ’αὐτοῦ κρείσσον’ἢ μορφὴ καλή, 578). Celui qui n’était qu’un mendiant importun, devient pour Athènes un hôte bienfaiteur, dont les prodigalités ne sont réservées qu’à la cité qui accepte de l’accueillir.
Résumé : Au chant XIV, Ulysse rentre à Ithaque déguisé en mendiant et retrouve son fidèle serviteur Eumée. Malgré l’apparente communion des deux vieillards, l’interaction verbale entre eux se rapproche davantage de l’ἀγών,... more
Résumé : Au chant XIV, Ulysse rentre à Ithaque déguisé en mendiant et retrouve son fidèle serviteur Eumée. Malgré l’apparente communion des deux vieillards, l’interaction verbale entre eux se rapproche davantage de l’ἀγών, ‟confrontation”, comme le révèle l’étude de la catch-word technique, ‟des échos sémantiques”. Selon ce procédé, l’un des interlocuteurs reprend en écho un mot ou une expression de l’autre, en en modifiant la signification, pour atteindre un but argumentatif. Nous voudrions étudier les répétitions lexicales et phoniques que l’on retrouve dans les deux mensonges du mendiant et le récit autobiographique d’Eumée, aux chants XIV et XV, et examiner quelles stratégies narratives et/ou rhétoriques elles servent.

Abstract: In Book XIV, Odysseus comes back to Ithaca disguised as a beggar and finds his faithful servant Eumaeus. In spite of the apparent communion of the two old men, the verbal interaction between them is much more like the ἀγών, « confrontation », as the study of the catch-word technique, “semantics echoes”, reveals it. According to this narrative process, one of the interlocutors takes up in echo a word or an expression used by the other, while modifying its meaning, in order to meet an argumentative goal. I would like to study the lexical and phonic repetitions that are to be found respectively in the lies of the beggar and Eumaeus’ autobiographical tale, in the Books XIV and XV, and examine the narrative and rhetoric strategies they serve.
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Les études narratologiques de l'Odyssée ont montré très clairement le parallèle établi entre le mendiant Iros et les prétendants. Nous voudrions seulement ajouter une preuve à ce parallèle entre parasites et prétendants, en étudiant les... more
Les études narratologiques de l'Odyssée ont montré très clairement le parallèle établi entre le mendiant Iros et les prétendants. Nous voudrions seulement ajouter une preuve à ce parallèle entre parasites et prétendants, en étudiant les emplois du verbe τρύχειν, « user », « consumer » et de son composé κατατρύχειν, « exténuer ». Dans un deuxième temps, nous souhaiterions montrer que cette comparaison entre le mendiant Iros et les prétendants, tout à fait justifiée d'un point de vue narratologique, suggère une autre analogie, d'ordre sociologique, entre la condition des mendiants vagabonds et celle des héros de retour de la guerre de Troie en quête de butin. Abstract: The narratological studies on the Odyssey clearly demonstrated the existence of a parallel between the beggar Iros and the suitors. We would like to add a proof of the parallel between parasites and suitors, studying the uses of the verb τρύχειν, " to gnaw " and of its compound form κατατρύχειν, " to exhaust ". Secondly, we intend to show that the comparison between the beggar Iros and the suitors, that narratological reasons may also easily explain, implies a much wider analogy, relating to sociology, between the condition of vagrants and the one of the heros back from Troy seeking for loot.
L'objet de cet article est de cerner les différentes étapes qu'a connues la critique du deuxième stasimon de l'Hélène d'Euripide, depuis le milieu du dix-neuvième siècle jusqu'aux études récentes. La question cruciale est le rapport entre... more
L'objet de cet article est de cerner les différentes étapes qu'a connues la critique du deuxième stasimon de l'Hélène d'Euripide, depuis le milieu du dix-neuvième siècle jusqu'aux études récentes. La question cruciale est le rapport entre ce stasimon et le reste de la tragédie et elle est liée en partie à la question de l'interprétation du vocatif ὦ παῖ, au début de l'antistrophe 2. Même si la critique sur ce passage est foisonnante et très variée, on peut néanmoins y relever trois grandes étapes. Dans un premier temps, les critiques affirment l'absence de lien apparent entre l'intrigue de la pièce et le sujet du stasimon. Dans un deuxième temps, les chercheurs établissent un lien entre le chant et le mythe d'Hélène en se concentrant sur le syncrétisme mobilisé dans le chant. Les dernières études s'intéressent en revanche au thème de la musique consolatrice, pour voir dans ce stasimon un passage réflexif sur les ambitions poétiques et sociales que la tragédie se donne.