Les Chrémata d’Apollon et les débuts de la monnaie à Delphes

Topoi 12-13/1, p. 55-68. Les Crhvmata d’Apollon et les débuts de la monnaie à Delphes Si Delphes occupe une place de tout premier plan dans nos connaissances sur la gestion financière des sanctuaires, c’est évidemment à cause de la remarquable documentation épigraphique que nous valent la recherche de fonds pour reconstruire le temple après la catastrophe de 373, puis la gestion des sommes provenant de l’amende phocidienne, ce que l’on appelle « les comptes de Delphes », magistralement republiés par J. Bousquet[1]. Mais l’histoire de la gestion financière du sanctuaire avait commencé bien avant la reconstruction du temple du IVe siècle. Dès les premiers temps de la réputation de l’oracle, le sanctuaire voit affluer les offrandes précieuses –que les auteurs anciens qualifient ordinairement du nom générique de crhvmata- d’où des formes de gestion dont je voudrais explorer aujourd’hui les premières étapes. J’en distinguerai quatre, le contrôle des offrandes précieuses, la garde des dépôts financiers et l’introduction de la monnaie, pour terminer sur ce que nous savons du maniement de l’argent dans la construction du temple de la fin du VIe siècle, que j’examinerai non dans l’ordre chronologique d’apparition de ces fonctions –qu’il ne serait pas toujours facile d’établir– mais selon leur degré croissant de complexité financière. Inventaire des offrandes précieuses Delphes n’a pas laissé d’inventaire épigraphique des offrandes précieuses[2] qui soit comparable aux listes étudiées par J. Tréheux et d’autres épigraphistes[3]. Il semble qu’il y ait toutefois au moins une exception, la liste des objets précieux que l’on joint d’ordinaire au règlement du scandale financier de 117[4]. Il n’est cependant pas douteux que les autorités du sanctuaire en tenaient soigneusement le catalogue. La manière même dont Hérodote (I, 50-51) énumère les offrandes faites par Crésus, apporte des indications utiles en ce sens : « Crésus … fit fondre quantité d’or pour en tirer des demi-briques, faisant 6 palmes de longueur, 3 de large, une de hauteur ; leur nombre était de 117 ; 4 étaient en or affiné et pesaient chacune 2 ½ talents, les autres demi-briques étaient en or blanc, d’un poids de 2 talents. Il fit faire aussi une statue de lion en or affiné, qui pesait 10 talents. Lors de l’incendie du temple de Delphes, ce lion tomba du socle des demi-briques sur lequel il était placé et il se trouve maintenant dans le trésor des Corinthiens ; il pèse 6 ½ talents : il en a fondu 3 ½ talents. Une fois fabriqués, Crésus les envoya à Delphes avec ces autres offrandes : deux cratères de grande taille, un en or, l’autre en argent… Le cratère d’or est déposé dans le trésor de Clazomènes, il pèse 8 ½ talents et 12 mines, celui d’argent à l’angle du pronaos ; il tient 600 amphores ; il est utilisé par les Delphiens pour le mélange du vin aux Théophanies… Il envoya aussi quatre jarres d’argent, qui sont dans le trésor des Corinthiens, et il consacra deux périrrantéria, un en or, l’autre en argent… Outre celles-ci, Crésus envoya beaucoup d’autres offrandes, sans sa marque, dont des saumons d’argent de forme ronde et une statue de femme en or, haute de 3 coudées, que les Delphiens disent être la statue de la boulangère de Crésus. De plus, Crésus consacra les pièces du collier de sa femme et sa ceinture » . De l’ensemble des offrandes faites par Crésus à un sanctuaire grec, celles faites à Delphes sont les seules dont l’historien nous ait précisé la valeur[5], en ajoutant que celles « dans le sanctuaire des Branchides à Milet étaient, à ce que j’ai appris, égales en poids et de même type que celles de Delphes ». Comme l’historien n’a sûrement pas procédé lui-même à la pesée de ces objets (ce qui n’était plus possible pour le lion dans son premier état), il a dû trouver ces chiffres dans un inventaire. Celui-ci, où était calculé ce qui manquait au lion après qu’une partie de l’or ait disparu dans l’incendie du temple, devait être le catalogue établi par le sanctuaire. Le poids des demi-briques d’or blanc a soulevé quelque discussion. Contre l’avis de L. Pearson (1931) qui en reconstituait les dimensions en mesures euboïques, ce qui l’amenait à admettre que ces briques n’étaient pas massives, mais présentaient un creux à la base, G. Roux a supposé que l’étalon utilisé était « le talent lourd chaldéo-babylonien » en vigueur à Sardes[6]. L’hypothèse paraît démentie par la mention du nouveau poids du lion après l’incendie. A moins d’admettre soit que les administrateurs du sanctuaire, sachant qu’un étalon étranger avait été employé pour la première pesée, aient pris soin d’aller se procurer une série de poids lydiens pour mesurer le déficit, soit que deux étalons différents aient servi l’un pour établir le poids primitif, l’autre ce qui restait après la catastrophe, auquel cas il était absurde de calculer la différence entre deux données établies à partir d’unités différentes, force est de conclure que tout a été pesé avec les poids légaux en usage à Delphes. Après un tel accident entraînant la fonte partielle du lion, les administrateurs des biens du dieu ne se sont pas comportés autrement que d’autres administrateurs de bien sacrés qui tenaient le compte des objets précieux offerts au sanctuaire qu’ils administraient et qui décidaient à l’occasion de refondre des pièces abîmées[7]. Delphes tenait donc un catalogue des offrandes précieuses. Son existence est confirmée indirectement par la promesse que Diodore, XVI,27,4, prête à Philomélos, au moment où celui-ci prend le contrôle du sanctuaire, de rendre compte aux Grecs de l’argent et de leur permettre de contrôler le nombre et du poids des offrandes: tw'n deí crhmavtwn toín lovgon … ajpodwvsein kaií tovn te staqmoín kaií toín ajriqmoín tw'n ajnaqemavtwn … ejxetavzein. L’exetasmos, le dénombrement, et la pesée font partie des actes ordinaires des magistrats chargés des inventaires sacrés[8]. Resterait à savoir si ce catalogue avait survécu à la guerre sacrée[9], permettant ainsi de dresser une liste sûre des pillages imputés aux Phocidiens. Ce qui reste des textes des historiens anciens à ce sujet montre que le déchaînement des passions avait empêché toute enquête objective[10]. Quoiqu’il en soit, les Amphictions n’ont pas jugé nécessaire d’en faire graver des copies sur la pierre, sauf, peut-être, partiellement et dans des cas exceptionnels : outre la liste jointe au règlement de 117, J. Bousquet a proposé d’interpréter de la sorte les l. 16-34 du compte CID II, 108[11], mais le texte est loin d’être clair. La raison d’un tel catalogue est évidente : il fallait pouvoir contrôler l’intégrité de ces offrandes contre tout accident ou malversation, dont Delphes offre des exemples : sept décrets amphictioniques honorent des Grecs ayant dénoncé des vols de bien sacrés dans les années qui ont suivi le raid galate, "contexte idéal pour des malversations"[12]. Sa création se situe au plus tard dans les années qui précèdent l’incendie du temple en 548, mais il est vraisemblable qu’il existait déjà au moment de l’offrande de Crésus. Il n’est sans doute pas trop audacieux d’en supposer l’apparition dès l’époque où la cité et l’Amphictionie se répartissaient les responsabilités dans la gestion du sanctuaire, au lendemain de la première guerre sacrée. Garde des dépôts financiers (parakataqhvkh) Il faut bien distinguer les offrandes des objets précieux qui sont acquis au dieu pour toujours, du moins en principe, et les dépôts ou parakataqhvkai qui sont déposés dans le sanctuaire pour un laps de temps qui ne dépendait que de la volonté du déposant. Cette pratique nous est connue à Delphes par deux textes. Le premier est une loi amphictionique dont le texte a été gravé, dans son état actuel, entre la destruction du temple (373) et le début de la guerre sacrée, mais dont la rédaction, qui est plus ancienne, ne peut être datée. Je cite le texte de la dernière édition de Fr. Lefèvre, CID IV,2[13] : vac ta'm parka- Vac. La mise en dépôt ] des valeurs dans le sanctuaire et des pièces d’argent taqhka'n t]w'n crhmavtwn tw'n ejn tw'i iJerw'i ]ON kai; tw'n ajrgurivwn ta;m parkataqhvkan ]crh'sqai to;m me;n cruso;n crus-7 s-7 -6]MENON, to;n de; Òarguron ajrgu]WI labovnta" staqmw'i ANQEv]ajpei'men mhde;n ajpo; touvtou. ] en utilisant comme poids des offrandes ]afin que rien ne manque de cela. Le second témoignage sur la parakatathéké à Delphes nous est fourni par un passage de la Vie de Lysandre, 18, 3 : jAnaxandrivda" d’ oJ Delfoí" iJstorei' kaií parakataqhvkhn ejntau'qa Lusavndrou kei'sqai tavlanton ajrgurivou kaií mna'" penthvkonta duvo kaií pro"í touvtoi" e{ndeka stath'ra". « Anaxandridas de Delphes rapporte que Lysandre avait laissé en dépôt (au sanctuaire) 1 T, 52 M, 11 S ». Anaxandridas de Delphes est un historien connu pour avoir composé un traité sur Le pillage des offrandes de Delphes, FgrH 404. Le nom a été porté par des notables de Delphes, sans que le personnage puisse être identifié[14]. Plutarque a fidèlement conservé l’énoncé de la somme déposée, ce qui permet de constater qu’Anaxandridas comptait l’argent selon le système appelé par J. Bousquet TMSO, "talent, mines, statères, oboles", qui est celui utilisé par les "comptables de profession…, les Trésoriers de la Ville de Delphes et ceux qui ont la charge des iJeraí crhvmata, le trésor d’Apollon" : Anaxandridas est incontestablement un homme bien informé. La parakataqhvkh est une forme très ancienne de dépôt d’objets précieux, dont le fonctionnement nous est expliqué par Hérodote, VI, 86, à travers une histoire destinée à montrer la nécessité de rester fidèle au serment prêté : un Milésien, inquiet de l’instabilité chronique de l’Ionie, convertit la moitié de sa fortune en chrèmata (qui sont en argent, mais pas nécessairement sous forme de pièces de monnaies) qu’il confie au Spartiate Glaukos, à charge pour ce dernier de rendre le dépôt à ceux qui lui présenteront les symbola convenus. Dans le même sens, Xénophon, Anabase V, 3, 6-7, qualifie de parakataqhvkh la part du butin destinée à Artémis d’Ephèse que, par crainte des dangers du voyage vers la Grèce, il confie au Mégabyze et que celui-ci lui rendra plusieurs années plus tard quand il sera installé à Scillonte. Pour Platon, République 442 e, la probité dans la restitution d’une parakataqhvkh crusivou h] ajrgurivou fournit la meilleure preuve de l’esprit de justice d’un individu[15]. La parakataqhvkh ne se limite pas aux chrèmata. Par métaphore, le mot peut s’appliquer aux secrets de la conversation que l’auteur de l’exortation A Démonikos recommande de conserver avec plus de soin que les dépôts monétaires[16]. Il peut également concerner des personnes. Démosthène, raconte que, sur son lit de mort, son père confia aux trois tuteurs ses deux enfants, parakataqhvkhn ejponomavzwn, « en parlant d’un dépôt sacré »[17]. C’est pour protéger Oropos dont Thémisôn d’Erétrie vient de s’emparer, contre une contre-attaque menaçante d’Athènes que les Thébains proposent de la prendre en parakataqhvkh, afin de mieux la défendre, en attendant un arbitrage[18]. Enfin, dans des textes financiers, traitant des rapports entre déposants et banquiers, le mot désigne un dépôt bancaire ordinaire, qui est placé afin de fructifier. Les exemples en sont nombreux, aussi bien dans le Trapézitique d’Isocrate que dans les plaidoyers civils attribués à Démosthène[19]. Ainsi le mot parakataqhvkh est associé à différentes catégories de ‘dépôts’ confiées à la garde de personnes qui paraissent être de confiance. C’est une pratique ancienne qui fait passer très clairement le souci de sécurité avant tout désir de profit et qui, de ce fait, ne paraît pas comporter le versement d’intérêts[20], sauf quand il s’agit d’un dépôt d’argent fait chez des hommes d’affaires et que celui-ci est expressément mentionné. Il convient d’approuver pleinement la prudence de Fr. Lefèvre concernant les parakataqhvkai à Delphes et de ne pas chercher à y voir l’indication d’une quelconque activité bancaire qu’exercerait le sanctuaire[21]. On comprend en revanche que la protection offerte par le caractère sacré du sanctuaire ait incité de nombreux déposants à lui confier des dépôts, dont certains, comme celui de Lysandre, paraissent être restés acquis au dieu après la mort de leur propriétaire. Dans ces conditions, la direction explorée par Fr. Lefèvre[22], en accord avec J. Bousquet, dans son interprétation de la loi, me paraît la bonne : celle-ci a toute chance de fixer les règles d’enregistrement des dépôts, qui doivent être pesés, en distinguant l’or et l’argent. Le début de la monnaie à Delphes Nous avons jusqu’à présent étudié des usages en quelque sorte passifs des chrèmata, où le métal précieux ne se présente pas nécessairement et même, le plus souvent, ne se présente pas du tout sous forme de pièces de monnaie (même si, les Phocidiens le montreront, il est facile de l’y convertir). Il convient maintenant d’examiner les effets de l’introduction de la monnaie dans la vie du sanctuaire et de la cité. Le phénomène s’est produit dans les toutes premières années du Ve s., comme l’indiquent à la fois les trésors monétaires contenant les plus anciennes pièces de Delphes et des textes de lois que la cité prit alors pour adapter sa législation au nouveau moyen de paiement. Commençons par les lois. Les trois premières Lois sacrées réunies par G. Rougemont dans le tome I du CID fixent des prix ou des amendes exprimés en monnaies : une somme de 15 drachmes pour le pelanos des habitants de la Piérie, en Macédoine ; une amende d’une obole infligée aux contrevenants à un règlement concernant des chairs d’animaux ; une amende de 5 drachmes frappant ceux qui ne respectent pas l’interdiction d’emporter hors du stade le vin (apparemment destiné aux libations et aux banquets sacrés). La première est datée par l’écriture et le travail de la pierre de la fin du VIe ou du début du Ve siècle[23], la seconde des vingt premières années du Ve s.[24] La troisième pose un problème curieux : la forme des lettres indique la même date que les précédentes, ou un peu plus tard, mais divers indices amènent à penser qu’il pourrait bien s’agir d’une copie archaïsante, parfaitement réussie, faite au moment de la construction du stade, à la fin du IVe ou au début du IIIe s.[25] De toute façon le texte est ancien et doit remonter à la même époque que les deux autres. A ceux-ci, il convient de joindre certains passages du règlement des Labyades, CID I, 9-9 On sait que ce règlement de la phratrie delphique est connu sous deux formes, une version de la première moitié du IVe s. qui reproduit au moins en partie un texte plus ancien. La date de celui-ci reste imprécise. G. Daux, qui n’arrivait pas à déchiffrer la pierre, datait la forme des lettres de la deuxième moitié du VIe s. Si la pierre appartenait au temple des Alcméonides, comme l’aurait volontiers pensé J. Bousquet, les toutes dernières années du VIe s. fourniraient un terminus ante quem. G. Rougemont, quant à lui, pense « au début du Ve ou même à la fin du VIe »[26]. Parmi les clauses anciennes[27] figurent deux mentions d’amende à payer en monnaie : une obole en cas d’absence ou de désordre à l’assemblée (D l. 27-29). bis. Un autre document des Labyades, l’inscription rupestre archaïque qui se lit bien, malgré quelques lacunes, mais se dérobe jusqu’à présent à toute interprétation[28], mentionne des sommes d’argent, sans doute en deux lots, l’un, l. 6-7 de [mna']" dekatevtore" kaií hemimnai'on, l’autre, l. 8-9, dracmaí" pentevkonta kaií Fevx. Comme le notait E. Bourguet, les deux sommes ne sont pas décomptées de la même manière, la seconde somme n’étant pas répartie en mines et drachmes[29]. « L’écriture a fait situer généralement le texte vers 500 »[30]. Or, si l’on consulte les numismates sur la date des plus anciennes frappes de monnaie à Delphes, on constate que ceux-ci se prononcent pour la même période. C. Kraay[31] les situe dans les dernières années du VIe s., ou les premières du Ve siècle. Les pièces les plus remarquables de ces émissions sont les superbes tridrachmes qui ont au droit deux rhytons en forme de tête de bélier surmontés de deux dauphins, au-dessus de l’adjectif DALFIKON, et au revers quatre carrés incus ornés d’un dauphin qui représentent peut-être les caissons du plafond du péristyle. Sept exemplaires (sur les dix connus) ont été trouvés dans le trésor d’Assiout (Lykonpolis), IGCH 1644, enfoui vers 475, un autre dans le trésor de Zagazig (Boubastis), IGCH 1645, qui est un peu plus récent. M. Price et N. Waggoner en situent la frappe dans les années 485-475[32]. Il est possible qu’il faille placer avant quelques trihémioboles à la tête de bélier sur un dauphin[33]. Quant au monnayage phocidien, qu’il convient de rapprocher de celui de Delphes, R.T. Williams ne dispose que d’arguments stylistiques pour proposer d’en placer la première émission juste avant le début du Ve siècle[34]. Compte tenu de l’imprécision de quelques années qui affecte aussi bien la datation de l’écriture des inscriptions (qui ne sont peut-être pas toutes strictement contemporaines) que celle de la frappe des premières monnaies -celle-ci se situant dans une fourchette peut-être un peu plus étroite-, il convient de souligner la coïncidence chronologique remarquable entre les dates retenues par les numismates et par les épigraphistes, au terme de travaux rigoureusement indépendants les uns des autres. La riche documentation delphique nous fait ainsi connaître le corollaire institutionnel de la décision prise par la cité de frapper monnaie : la transformation matérielle de fragments de métal précieux (crhvmata), calibrés selon le système de poids de la cité, qui en fait des nomivsmata par l’impression des types (charactère) choisis par la cité, s’est accompagnée de l’adaptation de certains points de sa législation ; l’usage de la monnaie dovkimo"[35] est imposé pour certaines transactions, dans le cas présent pour le paiement de taxes cultuelles et des amendes. De ces nouvelles mesures nous ne connaissons que des bribes, les autres n’ayant pas fait l’objet de la même publicité, ou les textes ayant disparu. Sur les formes que revêtaient les pénalités avant la monnaie (déjà le versement de chrèmata, non monétaires ?), nous ne savons rien. Quant au pelanos, il apparaît que la monnaie en a entraîné la transformation radicale, comme l’a bien montré P. Amandry (1950, p. 87-103), qui a retracé les avatars de ce qui devait être auparavant une offrande en nature, désormais remplacée par le versement d’une somme d’argent. L’introduction de la monnaie a eu également des effets sur le fonctionnement des institutions, qu’il est d’autant plus intéressant d’observer à Delphes que deux autorités y coexistent, la cité et l’Amphictionie. On l’a dit, la gestion des biens du dieu incombe à celle-ci. Même si Hérodote ne nomme que les Delphiens dans son excursus sur les offrandes de Crésus, rien n’y contredit cette répartition des pouvoirs. En revanche, comme le montre le tarif du pelanos de Phasélis (CID I, 8), la taxe est versée à la cité. La monnaie relève à ce moment de la cité qui en décide et contrôle la frappe : l’adjectif dalfikovn le montre bien. L’adjectif neutre qualifiant selon toute logique un novmisma ou un ajrgurivon sous-entendu est à rapprocher de la légende FoÑki- qui apparaît au même moment au droit des trioboles phocidiens : comme l’a justement noté R.T. Williams, ces quatre lettres ne peuvent être que l’abréviation de fwkikovn, qui évoque les institutions fédérales[36]. Au dalfikovn des monnaies du Ve et du début du IVe s., paraît bien s’opposer l’ajmfiktionikovn qui désigne dans les comptes le numéraire frappé en 336, les pièces elles-mêmes portant désormais, selon un usage qui se généralise au IVe s., le nom jAmfiktiovnwn au génitif. Dans une société qui garde la mémoire (et sans doute aussi les archives) de sa monnaie, le remplacement de la monnaie delphienne par la monnaie nouvelle des Amphictions paraît mieux s’inscrire dans le jeu obscur des relations complexes entre la cité et l’Amphictionie[37] que dans de vastes spéculations internationales[38]. L’utilisation de la monnaie facilite le contrôle des dépenses, en introduisant plus de clarté. C’est en tout cas ce qu’enseigne l’énigmatique inscription rupestre des Labyades, mentionnée cidessus (cf. n. 28) : les Quinze des Labyades a[rconto kajpevdeixan les sommes mentionnées. Si l’on ne comprend pas le sens précis d’ a[rconto, le verbe ajpodei'xai désigne dans le cippe des Labyades (CID A, 9, l. 6) la déclaration que le tage doit faire à ceux-ci des sommes perçues dans le cadre de ses fonctions. Le mot s’applique aussi ailleurs, par exemple Hérodote, VII, 116, à la preuve que fournit un magistrat des dépenses qu’il a effectuées pour la cité. Rien dans cette documentation du début du Ve siècle ne nous renseigne sur les dépenses réglées avec ce numéraire. Notons seulement que la frappe des tridrachmes et des statères a été très brève et que le monnayage se limite très rapidement à des trihémioboles (ou quarts de drachme), ainsi qu’à des trois quarts et des quarts d’obole. La politique monétaire de Delphes est très différente de celle d’Elis. Celle-ci commence à frapper monnaie vers 470, environ quinze à vingt ans après Delphes. Mais son monnayage, beaucoup plus abondant, consiste principalement en monnaies lourdes, des statères de poids éginétique dont les types tournent autour de thèmes olympiens[39]. Si l’hypothèse qu’il s’agirait en fait d’un monnayage du sanctuaire ne paraît guère acceptable, ne serait-ce que parce que toutes les pièces portent les deux premières lettres de l’ethnique F-A(leivwn) il n’est pas douteux que l’activité autour du sanctuaire a joué un rôle important dans cette production. J’expliquerais volontiers la différence entre les deux séries monétaires par la différence entre les dépenses à effectuer dans les deux sanctuaires. De celles d’Olympie, nous ne savons quasiment rien. A Delphes, le monnayage convient très bien aux petites dépenses réglées au IVe s. par les naopes pour assurer le fonctionnement régulier du sanctuaire, où l’achat des victimes est absent, sans doute parce que celles-ci étaient procurées par une autre voie. On lit ainsi dans le compte CID II, l. 34 : Laurier obole 1 ½ . Roseau obole 4 ½ . Garde des brebis obole 1 ½ . Cuisinier des viandes du sacrifice, salaire 3 oboles ½ . Il est évidemment impossible de savoir à partir de quelle date de tels paiements ont été réglés en numéraire. Mais ce sont des sommes inadaptées à la structure du monnayage d’Elis, tandis que les fractions frappées par Delphes lui conviennent très bien. Monnaie et temple Delphes adopte la monnaie une vingtaine d’années après l’achèvement de la construction du second temple. On n’a peut-être pas assez remarqué que celui-ci est le premier bâtiment de l’antiquité dont un prix nous a été transmis, par Hérodote, II, 180 : jAmfiktuovnwn deí misqwsavntwn toín ejn Delfoi'si nu'n ejovnta nhoín trihkosivwn talavntwn…[40] Il convient de souligner l’intérêt de cette information : bien avant Athènes et la construction du Parthénon, nous franchissons une étape à la fois dans les modalités des dépenses de la cité et dans l’information qui y est associée. Ici encore, il est certain qu’Hérodote a puisé son information à bonne source. Certes, ce chiffre rond de trois cents talents n’est pas, comme dans les comptes du IVe siècle, le résultat de l’addition des dépenses successives répertoriées par des comptables soigneux. On a fait valoir qu’il s’agissait au mieux d’une évaluation, d’un devis estimatif[41]. Il faut, me semble-t-il, suivre le texte d’Hérodote au plus près : ces 300 talents représentent le montant de la misthôsis emportée par Clisthènes. Au IVe s., Isocrate, Echange, 232, écrit que touí" jAmfiktuovna" danei'sai tw'n tou' qeou' crhmavtwn auïtw'/ et Démosthène, C. Midias, 144, utilise le même verbe : daneisamevnou". L’opération financière n’est évidemment pas un prêt, äuy sens ordinaire du mot, mais l’emploi de daneivzw répond au terme ojfeivlhma utilisé dans les comptes du IVe par les prytanes de Delphes pour noter qu’ils ouvrent une « créance » aux naopes : la créance est ouverte jusqu’à ce que les dépenses soient justifiées. Pour autant, cette application du vocabulaire du IVe s. aux opérations de la fin du VIe risque d’être anachronique, tant les pratiques financières et comptables ont connu un développement remarquable dans l’intervalle. En l’absence de toute indication sur la manière dont Clisthènes procéda pour recruter puis entretenir à Delphes les nombreuses équipes de carriers nécessaires, les données du IVe s sont inutilisables. Le montant même de cette créance reste à établir. On sait depuis les analyses de Th. Reinach (1896) que, alors que dans l’ensemble du monde grec, une mine vaut 100 drachmes, la comptabilité delphique utilise depuis le IVe siècle au moins une mine de 70 drachmes éginétiques, qui était sensiblement l’équivalent d’une mine attique. Comme le notait justement Reinach, c’était le résultat d’un compromis entre les deux systèmes monétaires qui dominaient en Grèce : la majorité des membres de l’Amphictionie utilisaient la monnaie éginétique, mais la monnaie attique est de très loin la monnaie la mieux acceptée. C’était le cas au IVe s., ce ne l’était pas encore au moment où l’adjudication est conclue. A cette date, les premières chouettes commencent tout juste à être frappées et sont loin d’avoir acquis la réputation qui sera plus tard la leur[42]. Les premiers poulains de Corinthe circulent également[43] et c’est sans doute au système corinthien, où le statère est un tridrachme, que Delphes empruntera ce multiple plutôt rare dans la région au début de son monnayage. On sait l’influence que Corinthe a exercée dans les premiers temps de l’histoire du sanctuaire et rien ne permet formellement d’exclure que les Delphiens de la fin du VIe siècle aient compté en talents corinthiens (unité qui n’a laissé aucune trace dans l’histoire financière de la Grèce). Mais cette monnaie joue un rôle beaucoup moins important que les tortues d’Egine, dont la frappe atteint son maximum dans cette période[44]. C’est sans doute en statères d’Egine que les Delphiens ont recueilli les 20 mines de leur quête auprès des Grecs d’Egypte (Hérodote II,180). C’est dans la même monnaie qu’ont dû être réglées les dépenses du chantier du trésor de Siphnos qui vient immédiatement après celui du temple pour son importance. Comme, selon toute apparence, l’Amphictionie pèse en drachmes éginétiques les crhvmata du dieu et que la cité adoptera pour sa monnaie cet étalon, il est vraisemblable que c’est dans le système éginétique que le coût du temple fut estimé et donc que le contrat d’adjudication fut établi en talents de 6000 drachmes éginétiques et non 4200, comme ce sera le cas au IVe siècle. Delphes apporte finalement une documentation non négligeable sur les formes qu’y ont pris les débuts de la monnaie. L’afflux des crhvmata que sa réputation valait au sanctuaire oraculaire amena ses administrateurs à organiser très tôt, peut-être dès les lendemains de la guerre sacrée, un système d’enregistrement et de contrôle de ces offrandes. La sécurité qu’offrait le dieu incita aussi certains riches fidèles à lui confier des dépôts (parakataqhvkh), dont il fallut également organiser l’enregistrement et la gestion, à une date qu’il est impossible de préciser, la loi CID IV, 2 nous donnant une copie récente de la loi. C’est avec la construction du temple dit des Alcméonides que Delphes commence à entrer dans l’histoire monétaire, en faisant une estimation de ces travaux dans la monnaie panhellénique du temps, la tortue d’Egine. Vingt ans plus tard, la cité décide de frapper monnaie, en adaptant sa législation et ses institutions à ce nouveau moyen de paiement. Si la documentation delphique de l’époque n’a pas la richesse de celle du IVe siècle, elle permet du moins de se représenter ces différentes étapes dans l’utilisation croissante des crhvmata. Si nous n’avons pas trouvé de trace d’activité bancaire, les textes attestent très tôt l’emploi d’un vocabulaire technique précis, bien adapté aux besoins de la gestion des richesses du dieu. Certaines de ces pratiques monétaires primitives sont originales car propres au cas particulier de cette petite cité, dominée par l’importance de son sanctuaire, d’autres Olivier PICARD Université de Paris Sorbonne Abréviations CID : Corpus des Inscriptions de Delphes I-IV (1977-2002). Comptes : Comptes et Inventaires dans la cité grecque, D. Knoepfler éd., Neuchâtel (1988). IGCH : Inventory of Greek Coin Hoards (1973). Bibliographie P. AMANDRY 1939 : "Convention entre Delphes et Skiathos ", BCH 63, p. 183-219. P. AMANDRY 1950 : La mantique apollinienne à Delphes, BEFAR 170. P. AUPERT 1979, Le Stade, FDelphes II. R. BOGAERT 1968 : Banques et banquiers dans les cités grecques. J.-Fr. BOMMELAER 1991: Guide de Delphes, le site. Sites et Monuments, VII. E. BOURGUET 1925 : "Inscriptions de Delphes", BCH 49, p. 25-30. J. BOUSQUET 1989 : Les comptes du IVe et du IIIe siècle, CID IV (1989). Shpr. GJONGECAJ - H. NICOLET-PIERRE 1995 : "Le monnayage d’Egine et le trésor de Hollm (Albanie) ", BCH 119, p. 283-338. A. JACQUEMIN 1999 : Offrandes monumentales à Delphes, BEFAR 304 (1999). Th. HOMOLLE 1902: "Monuments figurés de Delphes", BCH 26, p. 587-639. C.M. KRAAY 1976 : Archaic and Classical Greek Coins. P. de LA COSTE-MESSELIERE 1946 : "Les Alcméonides à Delphes", BCH 70, p. 271-287. Fr. LEFEVRE 1994 : "Un document amphictionique inédit", BCH 118, p. 99-112 ; "Note additionnelle", BCH 119, p. 573. Fr. LEFEVRE 1998 : L’Amphictionie pyléo-delphique : Histoire et institutions, BEFAR 298 (1998). Fr. LEFEVRE 2002 : Documents Amphictioniques, CID IV (2002). P. MARCHETTI 1998 : "Note sur la date des archontes de Delphes de 346 à 336", Topoi 8, p. 167185. P. MARCHETTI 1999a : "Autour de la frappe du nouvel amphictionique", RBNum 145, p. 99-113. P. MARCHETTI 1999b : "Révision des comptes à apousiai (CD 75-78)", BCH 123, p. 405-422. M. MARI 2002 : Al di là dell’Olimpo, Mélétèmata 34 (2002). L. MIGEOTTE, 1984 : L’Emprunt public dans les cités grecques. L. MIGEOTTE, 1992 : Les souscriptions publiques dans les cités grecques. L.I.C. PEARSON, 1931 : "The Ingots of Croesus", CR, p. 118-119. O. PICARD, 1984 : "Sur deux termes des inscriptions de la trésorerie d'Aï Khanoum", Hommages à Lucien Lerat, p. 679-690. O. PICARD, 1991 : "Les monnaies" dans J.-Fr. Bommelaer, Guide de Delphes, le site (1991). O. PICARD, 2001 : "La découverte des gisements du Laurion et les débuts de la chouette", RBNum 157 (2001), p.1-10. M. PRICE - N. WAGGONER, 1975: Archaic Greek Coinage. The Assyut Hoard (1975) Th. REINACH, 1896, "Observation sur le système monétaire delphique du IVe siècle", BCH 20, p. 251-256 et 385. G. ROUGEMONT 1977 : Lois sacrées et règlements religieux, CID I (1977). G. ROUX, 1990 : "Deux riches offrandes dans le sanctuaire de Delphes", JSav, p. 221-245. Fr. SALVIAT, 1995: "Document amphictionique CID IV 2 : restitution", BCH 1995, p. 565-571. Ch. SELTMANN, 1921 : The Temple coins of Olympia (1921). J. SVORONOS, 1896 : BCH 20, " Nomismatikhv tw'n Delfw'n", p. 5-54. J. TREHEUX, 1956 : "L’inventaire des clérouques d’Imbros (IG XII 8,51)", BCH 80, p. 462-479. R.T. WILLIAMS, 1972: Silver Coinage of the Phokians (1972). [1] J. BOUSQUET, 1989, améliorés sur deux points (chronologie des archontes du IVe s. et réunion en une seule stèle des comptes dits à apousia) par P. Marchetti, 1998 et 1999. Fr. LEFEVRE, 1998, p. 261, n. 457, signale un nouveau fragment, inédit. [2] Cf. A. JACQUEMIN, 1999, p. 157, n. 2 et 182, n. 194-195. La gestion des biens du dieu incombait aux Amphictions, dont l’organisation financière reste cependant des plus simples, voir Fr. LEFEVRE, 1998, p. 257-260. [3] Le volume du colloque en l’honneur de J. Tréheux, Comptes, permet de se documenter aisément sur le sujet. [4] Fr. LEFEVRE, 2002, n° 119 J, p. 301-302. Il s’agit d’une liste très fragmentaire de vases et d’autres objets vraisemblablement en argent, dont le poids est donné en drachmes attiques ; une partie a été fondue (cwneuqevn). Fr. Lefèvre note que le lien avec le dossier du scandale, que l’on déduit du support de la gravure (des orthostates du temple), ne s’explique « que si [le règlement de l’affaire] donna lieu également à un inventaire des objets précieux entreposés dans le temple », mais qu’il reste « hypothétique, tout comme l’origine amphictionique de l’inventaire ». Voir aussi n. 9. [5] Hérodote, V,36, mentionne les offrandes faites à Thèbes de Béotie, à Ephèse et au Didymeion. A. JACQUEMIN, 1999, retient parmi les offrandes monumentales le lion (n° 343) et la statue de la « boulangère » (n° 344). [6] G. ROUX 1990, p. 239. [7] Fr. LEFEVRE 1994, p. 109. A. JACQUEMIN 1999, p. 233-234, mais la documentation delphique est un peu moins pauvre qu’il n’est dit. [8] J. TREHEUX 1956. Je renvoie par avance au commentaire encore inédit de Fr. LEFEVRE, Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, livre XVI. [9] On sait, CID 2, 31, qu’il restait à l’issue de la guerre quelque crédit sur "la créance des naopes sur la ville ", pour reprendre l’expression de J. Bousquet. [10] A. JACQUEMIN 1999, p. 236-238. Fr. LEFEVRE 2002, p. 385-387. Th. REINACH 1928, p. 34-46, a proposé d’interpréter un fragment très mutilé de Delphes, inv. 4549, comme le reste d’un inventaire fait par les Amphictions après la guerre. Acceptée par A. Jacquemin, qui estime les "restitutions séduisantes, mais souvent audacieuses", l’identification est écartée par Fr. Lefèvre. [11] J. Bousquet analyse de la même manière le compte CID II, 111, qui est encore plus obscur. Cf. aussi Fr. LEFEVRE 1994, p. 109. [12] Fr. LEFEVRE 1998, p. 230-233. [13] Qui diffère très légèrement, essentiellement par la longueur des lignes, de celle de Fr. LEFEVRE 1994, p. 101. [14] Fr. LEFEVRE, 1998, p. 231, n. 296. [15] Autres attestations : SEG XXXII,149, l.6 - IG V 2, - Syll.3,112 - Sardes VII.1,1 [16] [Isocrate], I : 22 : ma'llon thvrei ta;" tw'n lovgwn h] tw'n crhvmatwn parakataqhvka". [17] C. Aphobos II, 15. La métaphore se poursuit un peu plus bas : ejmeí deí pa'sin koinh'/ metaí tw'n crhmavtwn parakatatiqevmeno". [18] Xénophon, Helléniques, VII, 4,1. Diodore, XV, 76,1. [19] Trapézitique, 37. Démosthène, Pour Phormion, : 5, 6 et 13 ; C. Stephanos I, 29, 31 et 32 ; C. Callipos, 27. [20] Voir le commentaire de L. MIGEOTTE, 1984, p. 26, à la parakataqhvkh que constitue Lycurgue à Athènes en 338. Les divergences entre commentateurs montrent que le texte concernant le prêt de 1325 statères d’or en parakataqhvkh consenti par le sanctuaire d’Artémis à Sardes au tournant du IIIe et du IIe s. ne permet pas de savoir si celui-ci comportait ou non des intérêts, cf. R. BOGAERT, 1968, p. 362-364. Les sommes collectées en 22 ap. J.-C. pour constituer ce que nous appellerions un fonds de roulement au sanctuaire d’Athéna à Lindos, ne sont pas prêtées à intérêt, cf. L. MIGEOTTE, 1992, n° 41, p. 125 ; mais les sommes données restaient acquises à la déesse. [21] Fr. LEFEVRE 2002, p. 52, contre les hypothèses de Fr. SALVIAT, 1995, p. 569-570. [22] Fr. LEFEVRE 1994, p. 108-109. [23] P. AMANDRY 1939, p. 216-219, suivi par G. ROUGEMONT 1977, p. 9. Voir maintenant M. MARI 2002, p.29-31. [24] Voir les estimations rappelées par G. ROUGEMONT (1977), p. 11 : "date haute dans le Ve siècle, sans qu’il soit nécessaire de remonter au-delà", selon G. Daux ; "en gros contemporain de la colonne serpentine" selon L.H. Jeffery, dont G. Rougemont "partage [l’]impression" . [25] Je renvoie à la discussion de G. ROUGEMONT, 1977, p. 12-13 et de P. AUPERT, 1979. [26] G. ROUGEMONT, 1977, p. 42, à qui j’emprunte l’ensemble des indications chronologiques ; p. 88 n. 367, il s’interroge en ces termes : « l’écriture est-elle beaucoup plus archaïque que, par exemple, celle des bases des Déinoménides, offrandes sûrement datées, comme on sait, des lendemains des guerres médiques ». [27] Ce sont au moins les prescriptions de la face D, l. 22-25, et probablement "toute cette face". Ici encore, je suis fidèlement les conclusions de G. ROUGEMONT, 1977, p. 87. [28] Le texte réédité par E. BOURGUET 1925 a fait l’objet de plusieurs tentatives d’explication dont celle de G. ROUX, RA 1969-1, p. 47-56, a suscité le scepticisme de J. et L. ROBERT, Bullép 1970, qui se demandent si le texte peut être élucidé. Dans le même sens, G. ROUGEMONT, CID I, p. 43-44 et Topoi 8 (1998), p. 162-163. [29] Sur la valeur de la mine à cette époque, voir ci-dessous, p. ?. [30] G. ROUGEMONT 1977, p. 44. [31] C.M. Kraay 1976, p. 121. [32] M. Price et N. Waggoner 1975, p. 51-53. [33] Il est difficile de le préciser, car le catalogue dressé par J. SVORONOS 1896, ne répond plus aux exigences d’un corpus numismatique. Cf. O. PICARD 1991, p.33. [34] R.T. Williams 1977, p. 11. [35] Dovkimo" est l’adjectif qui qualifie la monnaie agréée ayant cours légal, cf. O. PICARD 1984, p. 683-684. [36] R.T. Williams 1977, p. 11. [37] Voir Fr. LEFEVRE 1998, p. 47-51, qui conclut son analyse par une conclusion désabusée : « il est bien difficile d’apprécier la nature des relations entre la cité de Delphes et l’Amphictionie ». [38] Voir P. MARCHETTI 1999a, qu’il est difficile de suivre dans toutes ses conclusions. [39] Le corpus a été établi par Ch. SELTMAN 1921. Sur la chronologie, voir C. KRAAY 1976, p. 103-104. [40] Hérodote, II, 180. Les autres textes importants sont Hérodote, V, 62 (adjudication aux Alcméonides après l’échec de tentative contre Hippias à Leipsydrion) et Aristote, Ath.Pol, XIX,4. [41] P. de LA COSTE-MESSELIERE, 1946, p. 279, qui estime « ce chiffre trop fort s’il s’agit du temple seul, bien faible pour l’ensemble des travaux » (associés à la construction du temple), analyse, après Th. HOMOLLE, 1902, p. 597-627, les problèmes d’interprétation que pose l’écart chronologique séparant l’incendie en 548 de l’adjudication à Clisthènes. Voir aussi J.-Fr. BOMMELAER, 1991, p. 181-184. [42] O. Picard 2001. [43] Ce sont les statères au revers en svastika, avant l’introduction de la tête d’Athéna au revers, M. PRICE - N. WAGGONER, 1975, p. 76-79 ; C.M. KRAAY, 1976, p. 78-80. [44] M. PRICE - N. WAGGONER, 1975, p.69-76. C.M. KRAAY, 1976, p. 41-46 ; Shpr. GJONGECAJ - H. NICOLET-PIERRE, 1995.
x

Log In

or reset password

Reset Password

Enter the email address you signed up with, and we'll send a reset password email to that address

Academia © 2012