A la recherche du pentadrachme d'Héron d'Alexandrie |
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COLLEZIONI
NUMISMATICHE
— Materiali pubblici e privati —
7
/Egyptiaca serta in
Soheir Bakhoum
memoriam
Melanges de numismatique, d'iconographie et d'histoire
edites par
Dominique Gerin
Angelo Geissen
Michel Amandry
2008
BlBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE
EDIZIONI ENNERRE • MlLANO
Sommaire
Preface
Leclant Jean
« Soheir Bakhoum » ....................................................... 9
hommages
Bern AND Andre
« Une grande perte pour la numismatique ».................................... 13
Bernand Etienne
« Apergu sur l'antique Alexandrie » ........................................... 15
Gerin Dominique
« La petite collection alexandrine de Soheir Bakhoum » (pi. n08 1-5) ................... 21
Questions d'identification
PlCARD Olivier
« A la recherche du pentadrachme d'Heron d'Alexandrie » (pi. n° 6) .................. 39
BURNETT Andrew
« The Alexandrian Coinage of Caligula » ....................................... 45
LlCHOCKA Barbara
« Un tetradrachme de Neron, dit "miroir de Neron", trouve
a Kom el-Dikka a Alexandrie » (pi. n° 7)....................................... 49
tresors et fouilles
Amandry Michel
« Un depot de monnaies alexandrines au Musee departemental d'Art
ancien et contemporain d'Epinal » (pi. nos 8-9) .................................. 61
Martini Rodolfo
« Un nucleo di tetradracmi alessandrini di Probus della collezione Laffranchi
nelle Civiche Raccolte Numismatiche di Milano di "acqiuisto) Dattari" » (pi. n° 10)....... 71
Seif el Din Mervat, Shahin Mona, FAUCHER Thomas
« Un tresor de monnaies ptolemaiques en bronze au Musee greco-romain
d'Alexandrie : le tresor de Nag Hammadi 1937 » (pi. nos 11-15) ..................... 79
Seif el Din Mervat, El Maghrabi Faiza
« Coins from Nag Hammadi in the Graeco-Roman Museum in Alexandria » ............ 95
NOESKE Hans-Christoph
« Der Miinzschatz von Abu al-Gud und einige Uberlegungen
zum Hortungsverhalten im kaiserzeitlichen Agypten »............................ 113
Shahin Mona
« A Hoard of Alexandrian Billon Tetradrachms found in 1967 in Kom Aushim »......... 155
Parente Anna Rita
« Monete da Bakchias. Campagne di scavo 2003-2007 » (pi. nos 16-18).................. 165
MARCELLESl Marie-Christine
« La serie romaine tardive d'Alexandrie aux types de Sarapis et du Nil » (pi. n° 19)....... 185
iconographie
queyrel Francois
« La Pseudo-Cleopatre de la Maison du Diadumene a Delos » (pi. nos 20-22) ............ 199
Bricault Laurent, Veymiers Richard
« Un portrait de Neron dote du sistre isiaque » (pi. n"*1 23-24)........................ 211
geissen Angelo
« Sabina-Demeter-Isis. Eine Klarstellung » (pi. nos 25-26)............................ 221
Staffieri Giovanni Maria, TOSI Mario
« La barca sacra di Osiris nella monetazione alessandrina » (pi. nos 27-28)............... 229
Bararat Fatma
« Zu Agathos Daimon und seinen Darstellungen in der
alexandrinischen Kunst » (pi. nos 29-30)........................................ 237
Weber Manfred
« ^Egyptus in nummis » (pi. n° 31) ............................................ 243
HlSTOIRE DES ETUDES ALEXANDRINES
Christiansen Erik
« Dattari, Milne, Curelly and 30-40,000 Alexandrian Coins »......................... 253
savio Adriano
« Giovanni Dattari "egittologo" » ............................................. 275
Auteurs / Authors......................................................... 286
COLLEZIONI
NUMISMATICHE
— Materiali pubblici e privati —
collana diretta da Rodolfo Martini e Novella Vismara
COLLEZIONI NUMISMATICHE 7
Dominique Gerin, Angelo Geissen, Michel Amandry (edites par),
ALgyptiaca serta in Soheir Bakhoum memoriam
Melanges de numismatique, d'iconographie et d'histoire
ISBN 88-87235-??-?
Copyright © 2008 by
Edizioni ennerre S.r.L, Milano
Via San Rocco, 8
I - 20135 MILANO
tel/fax (+39) 02 58.30.91.85
www.edizioniennerre.it
info@edizioniennerre.it
A la recherche du pentadrachme d'Heron d'Alexandrie
Olivier PlCARD
Un passage d'Heron d'Alexandrie precise le nom de la piece de monnaie qui est necessaire pour
declencher le mecanisme d'un des pneumatika decrits par le celebre Mecanicien (I, 21) : c'est un
pentadrachme, qui n'a pas encore ete reconnu dans les series monetaires en usage a Alexandrie. II m'est
agreable de dedier cette recherche a la memoire de Soheir Bakhoum, qui a tant etudie les antiques monnaies
de bronze de son pays(').
L'appareil decrit par Heron est une sorte de distributeur d'eau lustrale, qui ne repond d'ailleurs
qu'imparfaitement a la definition des pneumatika, puisqu'il ne fonctionne pas grace a l'utilisation controlee
de la vapeur ou de la pression de l'air, mais par un simple jeu de contrepoids :
Eiq fevioc arcovSela, neviadp&xiiov voutauoeux; eu|3A,r|0£VToq, flSrop faioppeei eiq 16 rcepippat-
veaGai.
« II y a des vases a libation dont, quand on insere comme piece de monnaie un pentadrachme, l'eau
coule pour les ablutions »(2).
Le mecanisme est simple : un vase rempli d'eau lustrale contient une pyxide munie d'un tuyau
d'ecoulement pour l'eau et d'un couvercle bien adapte ; ce couvercle est attache par une cordelette a
l'extremite d'un fleau, fixe a un mat, dont 1'autre extremite est constituee par un plateau. Quand le plateau
est vide, le couvercle ferme la pyxide ; quand la piece y est posee, par son poids, elle incline le fleau
(KOCTaPapf|cocv eyicAxvel u£v to Kav6viov), ce qui souleve le couvercle et permet a l'eau de s'ecouler
par la pyxide, jusqu'a ce que, glissant sur le plateau incline, la piece tombe et que l'equilibre precedent
se retablisse, fermant a nouveau la pyxide ((tnonEGdvioq bt iox> voulauocxoc;, ndiXiv t6 ncbua £7U7teadv
fatoKtetvei Tf|v nvfySa).
On voit l'interet du precede : procurant un certain revenu au temple(3), il controle avec precision
la distribution de l'eau lustrale en evitant qu'elle soit gaspillee.
Le poids de la piece de monnaie joue un role determinant dans le bon fonctionnement de ce distributeur :
trop lourde, elle tomberait rapidement du plateau et la quantite d'eau penetrant dans la pyxide serait insuffi-
sante ; trop legere, elle n'actionnerait pas le fleau de la balance. II etait done important de bien la designer
par son nom precis, ce qui devrait permettre de l'identifier de maniere sure.
Pentadrachmon est un nom de monnaie compose sur drachme, comme le tetradrachmon. II faut bien
se garder de le confondre avec lapentedrachmia, ou l'adjectif pentedrachmosC), qui designent une somme
de la valeur de cinq drachmes, quelles que soient les pieces par lesquelles cette somme est acquittee.
Pentadrachmon n'est pas frequent parmi les denominations monetaires du monde grec(5), ne serait-ce
que parce que les multiples de la drachme monetaire y sont ordinairement de deux (le statere) ou de quatre
(le tetradrachme), parfois de trois (ce qui est surtout le cas du statere des cites d'Asie Mineure ou de la
cote thrace, qui est divise en trois trites), et non cinq.
C) Soheir Bakhoum a participe au colloque L'Exception egyptienne ? Production et echanges monetaires en Egypte hellenistique
et romaine, Etudes alexandrines 10, IFAO, 2005, ou elle a donne une communication sur Les monnayages alexandrins d'epoque imperiale :
les etapes de la publication, p. 253-260. J'aurai a utiliser ici le volume Alexandrie I, Auguste - Trajan, Sylloge Nummorum Graecorum,
Paris, 1998.
(2) Le texte est celui de 1'edition de W. Schmidt, Heronis Alexandrini opera quae supersunt omnia, I, Teubner 1899, qui a ete
repris, avec les dessins, et complete d'une traduction en francais par G. Argoud et J.-Y. Guillaumin, Les Pnewnatiques d'Heron
d'Alexandrie, Centre Jean-Palerne XV, 1997. La traduction ci-dessus est de moi.
(3) L'emploi d'une piece de monnaie distingue cet appareil d'autres mecanismes de controle analogues, qui fonctionnent par
deplacement d'un contrepoids, voir n, 27 ; 30 ; 33.
(4) Sur la pentedrachmia, voir S. Psoma, Un stratageme de Polyen et le monnayage d'argent des rois de Macedoine de 413 a 360
av. J.-C, RN155,2000, p. 123-136. Pentedrachmos : Herodote, VI, 89 (prix amical de la vente d'une triere par Corinthe a Athenes) ;
Aristote, Politique, 4, 16, 14 (montant superieur des petits litiges).
(5) Voir W. Schwabacher, in PW, s.v. « Pentadrachmon » (1937). M.N. Tod, Epigraphical Notes on Greek Coinage, IV Apa/nfl,
NC 1947, p. 16-20.
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Olivier Picard
COLLEZIONI NUMISMATICHE ■ 7
A la recherche du pentadrachme d'Heron d'Alexandrie
Les comptes de Delphes mentionnent a deux reprises des pentedrachma chrysea que J. Bousquet(6)
a identifies, de maniere indubitable, avec les trioboles en or de Philippe n, parce qu'ils valaient cinq drachmes
en argent attique : la monnaie d'or est normalement designee par sa valeur en numeraire d'argent. II en
va de meme pour le pentadrachmon que Pollux, IX, 60, signale a Cyrene ; comme il cite cette denomination
immediatement apres le pentekontadrachmon, le terme fait songer a Yhemimnaeion lagide, dont il pourrait
etre le dixieme. E.S.G. Robinson a propose d'y reconnaitre une piecette d'or du poids d'un trihemiobole(7).
En revanche, les Modernes ont eu tort d'appeler pentadrachme la piece d'or aux memes types que
les tetradrachmes d'argent, qui futfrappeepar Ptolemee FetPtolemee II apartir des annees 305-300jusqu'a
une date indeterminee dans le premier tiers du IIP siecle(8) : pesant dans les 17,75 g, elle pese bien 1'equi-
valent de cinq drachmes lagides, mais sa valeur est de soixante drachmes en argent. H faut bien se garder
de confondre etalon ponderal et etalon de valeur, qui est le seul a compter pour les monnaies. Les papyrus
montrent clairement que ces pieces etaient appelees par les Anciens trichrysa, litteralement« trois stateres
en or », ceux-ci valant chacun vingt drachmes en argent.
Existait-il des pentadrachmes en argent ? Un passage des Stratagemes de Polyen, HI, 10, 14, a fait
croire, a tort, que les stateres frappes par les rois de Macedoine depuis Archelaos jusqu'a Perdiccas seraient
des pentadrachmes. Le texte rapporte un expedient monetaire imagine par le stratege athenien Timothee,
lors de la campagne menee avec Perdiccas contre Olynthe, alors qu'il manquait de monnaie en argent, pour
payer une partie de la solde de l'armee en pieces de bronze. Les trois memes protagonistes apparaissent
dans trois autres recits qui relatent la frappe de monnaie de bronze : Polyen EI, 10, 1 et IV, 10, 2, ainsi
que le Ps. Aristote, Economiques, n, 24, qui est de beaucoup le plus clair. H y a toute apparence qu'il s'agit
du meme episode, emprunte a des sources differentes. Cependant, le mot pentadrachmon n'apparaitrait
dans le premier passage de Polyen qu'au prix d'une correction du texte, qui a ete proposee par Blume(9).
Mais celle-ci ne suffit pas a rendre intelligible le sens de ce passage qui est corrompu.
A defaut de retrouver dans le pentadrachmon d'Heron une denomination monetaire connue par les
textes, il reste a chercher dans les monnayages utilises en Egypte la piece qui pourrait avoir ete mentionnee
par notre auteur. L'exemple des monnaies d'or montre que le terme ne designe pas le metal et que ce peut
etre une piece en bronze, des lors qu'elle est comptee comme un multiple de la drachme. B.V. Head suggerait
deja qu'il s'agissait d'une piecette de bronze et l'hypothese fut reprise par W. Schwabacher(10). De fait
notre pentadrachme ne peut etre ni une monnaie d'or, ni une monnaie d'argent.
Deux periodes de l'histoire du monnayage de l'Egypte antique peuvent etre ecartees. D'abord celle
qui va du debut des emissions lagides jusqu'a la grande reforme comptable des annees 180(n). Dans
les series monetaires qui se succedent alors, la drachme est une unite de compte - et parfois une piece
de monnaie en argent ou en bronze -, qui est un multiple du chalque et de l'obole, mais il n'existe pas
de piece qui puisse etre appelee pentadrachme. Nous pouvons eliminer egalement le Haut Empire a partir
du debut de l'ere chretienne, plus exactement a partir du debut de la troisieme serie du monnayage
(6) J. Bousquet, Etudes sur les comptes de Delphes, BEFAR 267, 1988, p. 139-142 ; Les comptes du quatrieme et du troisieme
siecle, Corpus des Inscriptions de Delphes II, 1989, n° 108, 15 et 109 C, 10.
(7) E.S.G. Robinson, BMC Cyrenaica, Londres, 1927, p. CCLXI-CCLXX. A. Laronde, Cyrene et la Libye hellenistique, CNRS,
1987, p. 234-236.
(8) O. M0rkholm, Early Hellenistic Coinage, Cambridge, 1991, pi. VI, n° 98.
O W.H. Blume, Polyan's Kriegslisten, Stuttgart, 1833, p. 157. S. Psoma, RN 155, 2000, p. 123-136.
(10) B.V. Head, Historia Numorum2, Oxford, 1911, p. 847. W. Schwabacher, op. cit. n. 5.
(n) Voir F. Burkhalter - O. Picard, Le vocabulaire financier dans les papyrus et revolution des monnayages lagides en bronze,
L'Exception egyptienne ?, p. 53-80, dont certaines conclusions ont ete precisees par les recherches recentes de F. Burkhalter, Comptes
et monnaies en Egypte ptolemaique d'apres les papyrus, these inedite Paris IV, 2007.
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COLLEZIONI NUMISMATICHE 7
Olivier Picard
A la recherche du pentadrachme d'Heron d'Alexandrie
d'Auguste(12), en 3/2 av. J.-C, quand certaines fractions du numeraire de bronze de Cleopatre cessent
d'etre frappees et que se met en place un nouveau systeme comptable qui nous est connu par les papyrus.
Curieusement les autorites romaines n'utilisent pas les denominations du systeme monetaire romain, mais
remettent en usage les termes grecs traditionnels. La plus petite unite connue par les documents est le
dichalque, d'ou l'expression populaire bien connue : « 5a ne vaut meme pas un dichalque ». Les multiples
sont l'obole, le diobole, le triobole et la drachme. A partir de Claude, s'y ajoute le tetradrachme. Aucune
des pieces frappees pendant toute la periode ne peut etre qualifiee de pentadrachme.
Reste la longue periode qui s'etend entre les deux. Nous avons fait valoir ailleurs(13) que la formidable
augmentation des prix que mettent en evidence les sommes enregistrees par les papyrus a partir de 182
s'expliquait moins par une chute vertigineuse de la valeur de la monnaie que par une modification du systeme
comptable. Pendant un certain temps apres la reforme, les textes financiers ne font plus suivre le montant
de la somme, comme auparavant, du nom de l'unite de compte. Puis, a partir de la fin du IF siecle, ils
utilisent a nouveau le sigle de la drachme ou le mot est meme ecrit en toutes lettres. II faut comprendre
que « drachme » signifie « unite de valeur monetaire » - ce qui a toujours ete un des sens du mot -, et
que cette nouvelle unite n'est plus un multiple de fractions plus petites, comme le chalque ou l'obole, mais
bien la valeur la plus faible du systeme comptable. Celui-ci est desormais decimal, comme le montrent
les sommes mentionnees dans les papyrus, les montants etant presque toujours des multiples de dix. II admet
cependant une division par cinq, qui apparait frequemment dans les documents a partir du dernier tiers
du ne siecle. Kl. Maresch propose de retrouver dans ces mentions le pentadrachme d'Heron, mais il n'indique
pas quelle serait la piece qui correspond a cette valeur(14).
Si les monnaies de bronze frappees apres la reforme se distinguent clairement des monnaies anterieures,
du fait du choix de types nouveaux, il est devenu tres difficile d'identifier la valeur des differents multiples
de l'unite, en l'absence de marque explicite. La rupture dans la tradition iconographique qui caracterise
la reforme comptable souligne bien la rupture qui est intervenue avec les echelles de denominations des
series precedentes. Nous ne savons pas a quel taux s'est fait le change entre les pieces anterieures a la reforme
et les pieces du nouveau systeme. Nous ne disposons plus, comme auparavant, de la possibilite d'estimer
la valeur monetaire de chaque module en raisonnant a la fois sur la reprise de certains types (comme la
tete d'Alexandre coiffe de la depouille d'elephant) et sur la complexification croissante des series monetaires
depuis le monnayage initial, qui derivait du monnayage macedonien ou le monnayage en bronze ne com-
portait qu'un petit nombre de multiples de la fraction la plus faible, le chalque. II ne semble meme pas
que la nouvelle unite de compte ait eu une expression monetaire et que les nouvelles series aient comporte
des pieces d'une drachme en numeraire de bronze.
Cette difficulte disparait avec la derniere serie de la dynastie. En effet, les deux denominations du
monnayage en bronze de Cleopatre aux types du buste de la reine et de l'aigle lagide comportent une marque
de valeur : Pi (= quatre-vingts unites) et Mu (= quarante unites). Les premieres pesent en moyenne (en
tenant compte de la tres large dispersion des poids qui caracterise tout monnayage de bronze) quelque 16 g,
ce qui leur donne le double du poids des secondes, l'echelle ponderale correspondant ici a l'echelle des
valeurs. II est des lors facile de calculer que le pentadrachmon devrait peser autour d'un gramme.
(12) L'etat de nos connaissances sur les especes frappees sous le regne d'Auguste est expose clairement par A. Burnett in Roman
Provincial Coinage I (Londres, Paris, 1992). Le classement qu'il utilise est repris par S. Bakhoum, Alexandrie I, SNG France 4,1998.
Je reviendrai sur la question dans la publication des monnaies de fouille du Centre d'Etudes alexandrines.
(13) F. Burkhalter - O. Picard, op.cit. n. 11, p. 59-64.
(14) Kl. Maresch, Bronze und Silber, Papyrologika Coloniensia XXV, 1996, p. 96-97.
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Olivier Heard
COLLEZIONI NUMISMATTCHE ■ 7
A la recherche du pentadrachme d'Heron d'Alexandrie
Une telle piece existe et elle est meme tres abondante : les fouilles du CEA a Alexandrie en ont mis
au jour quelque 130 exemplaires (sur un total d'un peu moins de rnille bronzes lagides). Ce sont les piecettes
enregistrees par Svoronos sous les n° 1732-1733(15), qui presentent au droit une tete de Zeus Ammon,
bien reconnaissable a sa corne de belier et au revers un aigle, les ailes fermees, debout a gauche, entre
les lettres B - A (BocaiA£(0<;). Certains exemplaires sont remarquablement soignes. Dans la gravure des
lettres, les arrondis du B sont parfois anguleux et la barre du A absente (de meme que la ligne de sol),
ce qui a amene Svoronos a completer alors la legende en KA(807t<5cxpa<;). Bien qu'on ait parfois suggere
une localisation a Chypre, il est certain que ces monnaies ont ete frappees a Alexandrie, comme le montre
le grand nombre des decouvertes. La date n'en est pas etablie avec precision : Svoronos les attribuait au
regne de Cleopatre III et de Ptolemee XI (107-101) ; B. Lichocka parle de facon plus vague « de fin du
ne siecle-P siecle av. J.-C. » Des arguments techniques, que je developperai ailleurs, montrent cependant
que la frappe se situe, au moins en partie, sous le regne de Cleopatre VII, ce que confirme la reprise de
ce module dans la deuxieme serie du monnayage augusteen(16).
L'identification du nomisma utilise par la machine que decrit Heron avec une piecette de la fin de la
periode hellenistique, alors que l'activite scientifique de l'auteur est ordinairement placee dans la deuxieme
moitie du Ier siecle apres J.-C, pose un probleme de chronologie qui amene a s'interroger soit sur la date
de la vie d'Heron, soit sur ses methodes de travail. C'est la premiere voie qu'a choisie Kl. Maresch(17),
qui concluait qu'il fallait remonter les dates admises pour Heron qu'il declarait incertaines. Ce ne parait
pas etre le cas. En effet l'eclipse de lune observee a Alexandrie et a Rome, dont le probleme 35 de la Dioptre
utilise les enseignements pour calculer la distance entre ces deux villes, ne peut etre, selon les tables des
astronomes, que celle du 13 mars 62 apres J.-C, aucune autre ne presentant les memes caracteristiques
au cours des cinq siecles qui vont d'Archimede (qui est connu d'Heron) au premier mathematicien qui
cite celui-ci(18).
On ne s'etonnera pas pour autant que Heron decrive un appareil utilisant une monnaie ayant cours
un siecle auparavant, mais qui ne pouvait pas fonctionner avec les pieces contemporaines de l'auteur, car
celles-ci etaient trop lourdes. L'auteur exprime, au tout debut de son introduction, sa volonte de presenter
dans l'ordre itt 7iocpa8o0fevTOC xwv &p%ala>v, ce qui a ete transmis par les anciens. On souligne ordinaire-
ment ses dettes envers Philon de Byzance, auteur lui aussi de Pneumatika, qui vecut dans la deuxieme
moitie du IIP siecle et qui passa par Alexandrie, done trop tot pour avoir construit notre appareil(19).
On attribuera des lors celui-ci a un Mecanicien inconnu, predecesseur d'Heron, sans que Ton puisse dire
si notre auteur avait vu l'engin lui-meme, ou s'il s'en tient a la seule tradition ecrite, qui lui a du moins
fourni le nom du pentadrachme qui a attire notre attention.
(15) J.N. Svoronos, Ta Nomismata tou Kratous ton Ptolemaion, Athenes 1904-1908, HI, pi. LIX, 29-30. H.C. Noeske, Die Miinzen
der Ptolemder, Historisches Museum Frankfurt am Main, 2000, n° 389-391. B. Lichocka, Bilan des decouvertes monetaires dans les
fouilles polonaises d'Alexandrie, L'Exception egyptienne ?, p. 301.
(16) Roman Provincial Coinage i, 5011. S. Bakhoum, Alexandrie I, 22-24.
(17) Kl. Maresch, op. cit. n. 14.
(ls) Voir O. Neugebauer, Uber eine Methode zur Distanzbestimmung Alexandria-Rom bei Heron, Det Kgl. Danske Videnskabernes
Selskab. Historisk-filologische Meddelelser, 1938, 26, 2. — D. Raios, La date d'Heron d'Alexandrie : temoignages internes et cadre
historico-culturel, in Autour de la Dioptre d'Heron d'Alexandrie, Memoires du Centre Jean-Palerne XXI, 2001, p. 19-36.
O Y. Garlan,Recherchesdepoliorcetiquegrecque,BEFAR223,1974,p. 281-288.B. Gille,LesMecaniciensgrecs : lanaissance
de la technologie, Paris 1980, p. 103-121. G. Argoud et J.-Y. Guillaumin, op. cit. n. 2, p. 8-9.
42
PI. 6
Olivier PlCARD
A la recherche du pentadrachme d'Heron d'Alexandrie
(2x1)
2
(2x1)
Deux pentadrachmes des fouilles du Centre d'Etudes alexandrines
(2x1)
(2x1)
L'exemplaire BnF 638 du Cabinet des medailles de la Bibliotheque nationale de France
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COLLEZIONI NUMISMATICHE
Francesco Guido, Nuove monete dalla Sar-
degna: venti secoli di storia. Parte I. Monete
puniche, romane repubblicane ed imperiali.
ISBN 88-87235-13-09
Rodolf o Martini, Monete romane imperiali con-
tromarcate di bronzo dall'area delle province
delta Moesia e delta Thracia di I secolo d.C.
Volume 1. Parte 1. Tipologia delle contromar-
che. Parte 2. Catalogo del materiale (censimen-
to delle monete dalla Moesia e dalla Thracia e
delle contromarche dall'area pannonica). Parte
3. Monete ausiliarie e falsificazioni.
ISBN 88-87235-25-2
Rodolfo Martini, Monete romane imperiali con-
tromarcate di bronzo dall'area delle province
delta Moesia e delta Thracia di I secolo d.C.
Volume 2. Parte 1. Cronologia relativa delle
contromarche. Parte 2. Catalogo del materiale
(censimento delle monete dalla Moesia e dalla
Thracia e delle contromarche dall'area panno-
nica). Addenda I. Parte 3. Tecniche di produ-
zione delle monete e delle contromarche. Parte
4. Tipologia delle contromarche. Addenda I.
ISBN 88-87235-30-9
Italo Vecchi, The Coinage of Etruria, Umbria
and Central Italy. Part 1. The coinage of the
Rasna: gold, silver and bronze coinages from
the mints of Cosa, Luca (?), Pisae (?), Populo-
nia, "Velsnani", Vetulonia, Vulci, and Uncer-
tain Mints from V century to III century BC.
ISBN 88-87235-32-5 (in preparazione)
Guido Zavattoni, Bilance e strumenti per pe-
sare le monete (meta XVII - XX secolo) di una
collezione privata.
ISBN 88-87235-36-8
Haim Gitler, Oren Tal, The Coinage ofPhili-
stia of the Fifth and Fourth Centuries BC. A
Study of the Earliest Coins of Palestine.
ISBN 88-87235-38-4
/Egyptiaca serta in Soheir Bakhoum memoriam
pp.288 • pi. XXXI • Euro 120,-
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Via San Rocco, 8
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