Monétarisation et économie des cités grecques à la basse période hellénistique : la fortune d’Archippè de Kymè |
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Approches de l’économie hellénistique, Entretiens d’archéologie et d’histoire 7, Saint-Bertrand-deComminges, p. 83-117.
Monétarisation et économie des cités grecques à la basse période hellénistique : la fortune d’Archippè de Kymè
Les huit décrets de la cité de Kymè en l’honneur de la grande bienfaitrice Archippè présentent un intérêt considérable pour l’histoire de l’utilisation de la monnaie dans les cités de la basse époque hellénistique, à une époque qui se situe au lendemain de la guerre d’Aristonikos – Eumène III, en nous apportant des précisions sur des pratiques qui devaient être banales, mais qui ne sont d’ordinaire pas mentionnées dans les décrets honorifiques. Le sexe d’Archippè ne lui permettant pas de témoigner de son dévouement et de sa générosité en accomplissant des magistratures et en se chargeant de fonctions publiques, celle-ci manifeste ses éminentes qualités civiques par des largesses de nature financière, que les rédacteurs ont estimé nécessaire d’énumérer et de détailler dans les considérants, à la place des services rendus par les citoyens ou par les étrangers honorés. Ces textes sont gravés sur deux faces de deux blocs architecturaux, qui doivent appartenir aux parastades de l’entrée du Bouleutérion de la cité plutôt que, comme l’a supposé SAVALLILESTRADE (2003) à la suite d’une suggestion de L. Robert[i], au tombeau d’Archippè, dont nous ne savons rien : le décret n° 2 (selon mon classement, que je vais justifier ci-dessous) lui accordait expressément, l. 26-28, « le droit de faire transcrire sur les blocs de marbre du bouleutérion ceux des décrets pris en son honneur qu’elle aurait choisis », sugcecwrh'sqai de; jArcivpphi kai; ejavn tina proaivrhtai tw'n gegonovtwn aujth/' yhfismavtwn ejgcaravxai eij" ta; marmavrina tou' bouleuthrivou. Ces marmarina ne sont pas de simples plaques de revêtement[ii], mais sont les blocs, et non des piliers, sur lesquels nos textes ont été gravés. Le bloc A, qui fut le premier retrouvé, a été publié indépendamment par BEAN (1966) et par HÖNLE (1967), avant d’être réédité dans le corpus des inscriptions de Kymè[iii] ; le second a été mis au jour dans les fouilles de 1979 et publié par MALAY (1983). L’ensemble du dossier a été repris dans le SEG 33 (1983), n° 10351041[iv] et a fait l’objet de brillants commentaires par VAN BREMEN (1996) et par SAVALLI-LESTRADE (2003), dont la reconstitution a été à la base de mon travail : elles ont surtout insisté, comme il était naturel, sur ce qu’il nous apprend de l’évolution de la société et en particulier de la place des femmes dans la société. Parmi les nombreuses questions qui restent pendantes, en particulier dans les domaines institutionnel et judiciaire, je m’attacherai ici à l’analyse des détails numismatiques et financiers en cherchant à préciser certaines caractéristiques des pratiques monétaires de cette dame et de la gestion de sa fortune[v], qui apportent des informations originales sur l’utilisation de la monnaie dans l’économie de la cité à cette époque.
Pour comprendre la succession des générosités d’Archippè et des honneurs accordés par le
peuple, il faut d’abord essayer de reconstituer la succession des décrets qui ont été pris au cours de cinq prytanies différentes, à moins de supposer une homonymie entre deux magistrats différents (dont les patronymes ne sont pas précisés) : c’est une hypothèse qui paraît peu probable et que je ne retiendrai pas. Les inscriptions n’ont pas été gravées en même temps, comme l’indique le texte n° 3, l. 17-19 (ejpigegrafei'a te ejpi; to; suntetelesmevnon bouleuthvrion kata; ta; proeyefismevna : elle a fait graver [des décrets en son honneur[vi]] sur le bouleutérion après sa réfection, conformément à ce qui avait été voté précédemment, ce qui implique que cette inscription au moins a été gravée après celles qui sont évoquées). Nos habitudes de lecture, que venait conforter l’ordre des découvertes, a amené les commentateurs à supposer implicitement que les textes avaient été gravés en colonnes se succédant de gauche à droite, en commençant par le petit côté dans le couloir de l’entrée et en continuant par la façade d’abord de la parastade gauche de l’entrée, puis par la parastade droite, en commençant ici aussi par le petit côté pour terminer par la façade. Les textes ont été édités dans l’ordre suivant : Pilier A Parement extérieur Pilier A Passage Pilier B Passage Pilier B Parement extérieur
A II : Prytane: Dio[..]nès, Bouleutérion construit Dons d’Archippé : à la Boulè 50 st pour sacrifice et banquet, 70 dr attiques pour le bœuf, 50 mesures de vin vieux autant à chaque tribu et aux paroikoi
A I : Prytane: Métrophanès Erection d’une statue d’Archippé couronnée par Dèmos et de son père Eloge aux Dionysies
B I : Prytane: Athénaios B III : Prytane: Sôpatros Bouleutérion consacré Promesse de refaire la charpente et la couverture du Statue d’Archippé en bronze doré sur colonne Bouleutérion dans le Bouleutérion Don de 1000 st. AE
Tombe avec bienfaiteurs 100 st pour sacrifice Honneurs après mort Promesse d’un T après mort pour acheter 4 esclaves Droit de cité à Hélicon
A IV : Prytane: Athénaios Sacrifice pour la guérison d’Archippé
A III :Prytane: Kallippos Statues achevées Dons d’Archippé : 50 st pour sacrifice + banquet
B II : Prytane: Sôpatros Promesse de don de 2 domaines pour le temple d’Homonoia, dont un tout de suite et l’autre posthume. Hélicon chargé de la
69 st à chaque tribu 50 st aux métoikoi et affranchis vin d’honneur aux citoyens et habitants A V : Prytane: Athénaios Sacrifice pour la guérison d’Archippé
vente
Un tel ordre conduit à des étrangetés, notamment dans les travaux au bouleutérion : celui-ci est terminé en A II, mais il faut en refaire la charpente et changer les tuiles en B III. Force serait de conclure à deux interventions successives, la première pour reconstruire le bâtiment ex novo, la seconde pour en refaire une toiture quasiment neuve. Il est vrai que cela aurait permis, selon I. Savalli, un « agrandissement de l’édifice et le réaménagement de ses annexes afin d’en augmenter les capacités d’accueil »[vii]. Mais en B. III, l. 24, la mention de l’apport de pierres sur le chantier ne suffit pas à justifier l’hypothèse d’une reconstruction complète du bâtiment et rien dans ces textes pourtant si prolixes ne suggère deux interventions successives de la généreuse Archippè sur ce bâtiment. Il suffit d’admettre que l’ordre des textes est différent pour éviter une hypothèse aussi coûteuse. La succession des opérations dans le temps n’est pas facile à reconstituer, faute de disposer de la liste des prytanes de Kymè, car il n’apparaît que peu d’enchaînements entre les textes : A III, sous le prytane Kallippos, où « les statues votées par le peuple, c’est-à-dire Archippè couronnée par une statue colossale du Dèmos et de son père Dikaiogénès ont été achevées et placées devant le bouleutérion » est nécessairement postérieur à A I, sous le prytane Métrophanès, qui fait voter l’érection de ces statues. B I, où le bouleutérion est consacré, ainsi que A II, sous le prytane Dio[..]nès, où le bouleutérion est en usage, sont en toute logique postérieurs tous les deux -ou au moins l’un des deux- à B III qui enregistre la promesse d’Archippè de refaire la charpente et la couverture du bouleutérion. La promesse du don de deux domaines, enregistrée dans B II, est de la même année que B III, car ils ont été votés sous le même prytane Sôpatros. Il est hautement vraisemblable, pour ne pas dire certain, que A I - A III viennent après B III - B II et sans doute aussi A II qui doit suivre de peu l’achèvement et la mise en service du bouleutérion : c’est à cette occasion qu’après avoir fait transcrire, comme l’y autorisait le décret BIII, certains décrets en son honneur (ejpigegrafei'a te ejpi; to; suntetelesmevnon bouleuthvrion kata; ta; proeyefismevna), Archippè offre de l’argent pour le sacrifice et un vin d’honneur au bouleutérion. Sa maladie, mentionnée en A IV et A V, peut s’être produite à n’importe quel moment. De même il serait vain de bâtir un quelconque raisonnement sur le moment supposé de la mort de son frère Olympios, qui n’est mentionné en A I que parce qu’il est invité à fournir gracieusement l’argent nécessaire à l’érection du groupe statuaire d’Archippè couronnée par Dèmos et de son père, sans que cela implique quoi que ce soit sur son âge ou son état de santé[viii]. Contrairement à ce qu’une première lecture pourrait laisser croire, il n’y a pas à placer B III - B II après B I, où Archippè demande et obtient le droit de cité pour « son intendant, Hélicon qui est fils d’Apollonios, citoyen d’Antioche près de Daphnè » ( JElikw'na to;n eJauth'" oij[konovmon] to;n
o[nta patro;" jApollwnivou jAntioceva ajpo; Davfnh", l.6-7). Si en B II, celui-ci est désigné avec un citoyen de Kymè comme l’un des deux commissaires chargés de la vente du domaine remis par la bienfaitrice que choisissent conjointement le peuple et Archippè, il est fort douteux qu’il ait alors déjà reçu le droit de cité[ix], car, tandis que l’autre épistate est désigné par le nom de ses pères, adoptif et naturel, et par sa phratra, B II l.36-39, Zwiv>lo" oJ fuvsei JErmagovrou tou' Zwiv>lou, fravtra" jAristarcivdo", pepaidopohmevno" de; uJpo; jAlexavndrou tou' Zwiv>lou, [fravtra]" jAristarcivdo", le nom d’Hélicon n’est précisé que par son patronyme. Ce n’est qu’à la fin du décret B I, l.77-80, « que le prochain stratège mensuel fera tirer au sort à Hélicon fils d’Apollonios sa tribu et sa phratra et que … celui-ci participera à tous les droits des autres citoyens ». Il apparaît alors que les façades extérieures ont été gravées les premières, dans l’ordre pilier B – pilier A, puis les côtés latéraux du couloir d’entrée en commençant par le pilier A, les trois textes votés sous Athénaios, qui viennent en fin, étant gravés, le plus important sur la face latérale de B puis les deux autres là où il restait de la place sous A II et sous AI-III. L’ordre des documents, qui correspond très logiquement à une gradation des honneurs votés à l’évergète qu’il conviendrait d’étudier, doit donc être le suivant :
Décret 1 (B II)
Prytane Sôpatros
Don 2 domaines pour Homonoia, à vendre pour placer le capital Charpente et tuiles du Bouleutérion à Boulè pandèmos : devdwke pour sacrifice + eujwciva 50 st à la boulè pour le bœuf à présenter au sacrifice 70 dr AR attique 50 mesures de vin vieux
Forme du don nature
2 (B III) 3 (A II)
Sôpatros Dio[…]nès
nature
Numéraire AE Numéraire AR Nature Nature
+ autant à chaque tribu + 50 aux métoikoi + affranchis Vin doux aux citoyens et aux habitants 4 (A I) Mètrophanè s Kallipos) à Boulè pandèmos : pour sacrifice + eujwciva 50 st 69 st à chaque tribu et aux paroikoi
Nature
5 (A III)
Numéraire Numéraire
Vin doux aux citoyens et aux habitants 6 (B I) Athénaios 1000 statères AE → rentrée annuelle de 100 st 1 talent après sa mort, pour fondation esclaves 7-8 (A IV-V) Athénaios Sacrifice pour la guérison d’Archippè
Nature Numéraire AE Numéraire
Il est temps d’en venir aux aspects financiers des générosités d’Archippè. Comme le montre le tableau ci-dessus, ses dons ont été effectués sous deux formes, en nature, auquel cas la valeur n’en est pas chiffrée, ou en numéraire, la nature de celui-ci étant précisée en des termes différents. Le coût de la réfection de « la couverture du bouleutérion, réfection de la charpente et changement des tuiles » (n° 2, l. 2-4) n’est pas indiqué. Pour autant, les citoyens de Kymè en connaissaient sinon le montant exact , du moins l’ordre de grandeur, puisque « des concours d’architectes avaient eu lieu avec des modèles[x] » et que « une fois l’enquête terminée, la dépense s’avérait plutôt importante », th'" zhthvsew" ejpiteloumevnh", meivzono" te dapavnh" uJparcouvsh", avec un emploi ordinaire du comparatif. La manière de procéder est intéressante : bien qu’Archippè ait annoncé par avance son intention de se charger de la dépense (l. 3-8), la cité suit la procédure normale pour des travaux publics : mise en concours des projets d’architectes, qui devrait s’achever normalement par une adjudication. On constate ici le même respect pour le bon fonctionnement des institutions que dans les décrets de Pergame en l’honneur de Diodoros Pasparos : comme le souligne à juste titre A. CHANKOWSKI[xi], quand les Pergaméniens votèrent la construction d’une exèdre au gymnase, ils avaient l’espoir et même la certitude que l’évergète assumerait non seulement le financement mais aussi la responsabilité des travaux, qu’ils auraient été incapables de mener à bien autrement. Cela n’a pas empêché le dossier de suivre la procédure législative normale pour le vote de telles dépenses. Toutefois, il n’y a pas eu d’adjudication, puisqu’il ne pouvait évidemment y avoir d’offre meilleure que celle de Pasparos ou d’Archippè. Celle-ci a effectivement assumé la conduite de l’entreprise : « elle a toute latitude de réaliser chaque chose en pleine confiance conformément à sa détermination » n° 2, l. 21-23 : e[cein aujth;n ejxousivan e{kasta ejpitelei'n kata; th;n ijdivan pivstin kai; proaivresin. La pivsti" est la confiance dont ont besoin normalement les partenaires en affaires et le mot apparaît très fréquemment dans un contexte financier ; ici, plutôt que sa « bonne foi », elle me paraît désigner la confiance[xii] qu’inspire Archippè aux citoyens de Kymé du fait de sa proaivresi", qui désigne sa détermination générale, celle qui la détermine à faire acte de générosité envers la Boulè (n° 3, l.19 ; n° 6, 19-20 ; n° 7, l.15), plutôt que le choix de décisions particulières pour la conduite des travaux. De ce fait, elle n’aura pas de compte à rendre de son action. Le texte fournit des détails intéressants sur la marche du chantier : Archippè, ou plutôt son contremaître, aura la faculté « d’entreposer les pierres apportées, les madriers et tous les autres matériaux nécessaires, sans que personne puisse s’y opposer » (l. 23-26) dans des lieux publics (eij" tou;" dhmosivou" tovpou") : ce sont manifestement les terrains situés à proximité immédiate du bouleutérion et dont on imaginerait qu’une partie serait éventuellement enclose, d’où des risques de protestation. La nouvelle keravmwsi" n’était pas nécessairement en terre cuite, puisque le mot peut désigner toute tuile, quel que soit son matériau, mais c’est de loin le plus vraisemblable[xiii], la mention des livqoi apportées sur le chantier (n° 2, l. 24) ne suffisant pas à faire conclure à une toiture en marbre. Une fois les prototypes réalisés, sous la supervision d’un architecte, et les moules fabriqués[xiv], l’opération la plus délicate était l’édification du four et la cuisson des tuiles. Celle-ci
pouvait se faire dans les mêmes fours que ceux destinés à la cuisson des amphores à vin, comme le montrent la fréquente association de tuiles et d’amphores dans les mêmes fours ainsi que l’emploi du même mot de kerameus pour désigner le maître d’œuvre de la production des tuiles ou des amphores[xv] : manifestement le même homme pouvait se charger de l’une ou l’autre opération. Or Archippè possédait des vignobles et devait se procurer des amphores nouvelles à chaque vendange ; elle était en relations régulières avec un kerameus. Quant au bois de charpente, aussi bien le pin que Théophraste, Recherches sur les plantes, V,6,2 recommande, que d’autres espèces également utilisées[xvi] pouvaient être importés mais se trouvaient également sur place. Ainsi je croirais volontiers que notre propriétaire a pu se procurer sur ses domaines l’essentiel des matériaux. Il en allait de même, en dehors de quelques techniciens spécialisés, de la main d’œuvre servile. Ce n’est donc pas par élégance qu’Archippè ne précise pas le montant des dépenses, mais parce que celui-ci ne devait pas pouvoir être chiffré exactement. Les générosités d’Archippè qui sont célébrées dans les décrets n° 3 et 5, comportent d’une part des dons soit d’espèces (sur lesquelles nous reviendrons) à distribuer entre des bénéficiaires qui sont précisés, soit de sommes affectées à un usage précis (en 3, 50 statères donnés à la Boulè pandèmos[xvii] pour un sacrifice et un banquet et 70 drachmes d’argent d’étalon attique pour le bœuf présenté au sacrifice[xviii] ; en 5, 50 statères à la Boulè pour le sacrifice et le banquet, 60 statères à chacune des tribus et 50 statères aux métèques et aux affranchis[xix]), d’autre part des distributions de « vin vieux » à raison de 50 prochous à la Boulè et à chaque tribu et aux paroikoi, ainsi que du « vin doux », apparemment ad libitum, aux citoyens dans le bouleutérion qui est achevé (n° 3 ), ou seulement du « vin doux » aux citoyens et aux autres habitants de la cité. Il n’y a aucune incohérence à supposer dans ces différences de notations : si le prix du « vin et du « vin doux » des collations n’est pas précisé, c’est très vraisemblablement qu’ils proviennent des vignes possédées par Archippè qui n’a eu aucun débours à supporter.
Il convient également de suivre de près l’opération concernant les deux « domaines » qui sont donnés. Le premier est cédé immédiatement[xx], tandis que le transfert de propriété de l’autre sera effectué après la mort d’Archippè qui en garde l’usufruit. Leurs revenus devront servir « pour construire des monuments votifs sur l’agora, un temple et un autel de la Concorde, ainsi que des portiques avec leurs boutiques », stoa;" kai; ejrgasthvria (n° 1, l. 3-10). Je traduis ajgrov" par domaine et non simplement par champ : l’un d’eux est composé de plusieurs pièces de terrain qui produisent aussi bien des grains que du vin et Archippè escompte de leur vente une somme suffisamment élevée pour financer un important programme de construction. C’est le sens normal du mot bien établi par CHANTRAINE[xxi] que confirment plusieurs exemples épigraphiques, par exemple HATZOPOULOS (1988), p. 36. Dans un passage du règlement amphictionique délimitant la terre sacrée de Delphes en 117, CID IV, 119E, l. C 9-10 le mot ajgrov" qui a été restitué est traduit par ROUSSET D. (2002), p. 138-139 soit par terrain, soit par domaine. Le domaine transmis à la cité sera immédiatement vendu, moins les récoltes de l’année (dont Archippè se réserve apparemment le fruit), par deux commissaires dont l’intendant de la propriétaire. Le montant de la transaction devra être réglé en cinq ans, dont un tiers dans les soixante jours, le reste en quatre versements annuels (égaux ?), l’acheteur versant en outre un intérêt proportionnel de 10% : oJ ajgoravsa" dwvsei to; trivton mevro" th'" timh'" ejn hJmevrai" eJxhvkonta, th;n de; loiph;n timh;n ajpodwvsei ejn e[tesin tevssarsin, ajpodidou;" kat’ejniauto;n to; pro;" mevro", kai; tou' kataballomevnou tovkon devkaton tou' crovnou tou' th'" pravsew". Le règlement de l’intérêt peut paraître obscur, tant l’expression est raccourcie. Il allait sans dire, parce que cela était évident (même si le lecteur moderne éprouve quelque difficulté à comprendre comment le libellé du texte rend compte de la logique financière de l’opération), que l’intérêt porte sur le reste de la somme à payer, car il serait étrange de percevoir un « intérêt équivalent à 10 % de la fraction du paiement
effectué à compter de l’année où la vente est intervenue[xxii] », ce qui reviendrait pour l’acquéreur à payer un intérêt sur les sommes déjà versées, et non pas sur la partie du capital restant à acquitter. Cette clause se comprend parce que, selon toute apparence, la somme procurée par la vente a dû être immédiatement prêtée à intérêt selon la même procédure que le capital de mille statères puis le talent dont le décret n° 6 précise les modalités d’utilisation, comme nous le verrons ci-dessous, les intérêts servant à financer les travaux : c’est une pratique financière bien connue des fondations pour des dépenses publiques, notamment le financement de programmes immobiliers. La partie non libérée du capital ne rapportant évidemment rien, il revenait logiquement à l’acquéreur de pallier ce manque à gagner. Il faut séparer to; pro;" mevro" de kai; tou' kataballomevnou… en admettant une forte anacoluthe et je traduirai donc littéralement « en versant chaque année l’intérêt de 10% en proportion [de ce qui reste à payer du total], à quoi s’ajoute l’intérêt de ce qui a été versé l’année de la vente ». Il s’agit d’une pratique courante, bien attestée dans les ventes à paiement échelonné. Mais le point de vue retenu ici est celui des deux commissaires qui sont assurés de percevoir dès l’année suivant la vente un revenu annuel de 10 % du prix arrêté ; celui-ci résulte de l’addition des intérêts de ce qui reste à payer (qui iront en diminuant) versés par l’acheteur et de ceux du montant d’ores et déjà prêté (qui iront en augmentant). La gestion du talent promis après la mort de la bienfaitrice montre combien il était fréquent d’utiliser le capital, qui atteint une valeur de 6.000 drachmes, pour le placer à intérêt afin de constituer un fonds financier affecté à une dépense précise, ici l’acquisition de quatre esclaves et leur entretien ainsi que les réparations du bouleutérion (n° 6, l. 68-77) : kai; ejpa;n de; divdwtai to; tavlanton uJpo; tou' jArcivpph" klhronovmou, ejx ouJ' diatevtaktai tokizovmenou tovn te katagorasmo;n tw'n swmavtwn genevsqai kai; ta; kata; th;n ejpiskeu;hn tou' bouleuterivou ejpitelei'sqai ; il reviendra chaque année au collège des stratèges et au conseil de proposer au peuple un décret approuvant la perception de ces intérêts et (éventuellement) le réengagement de ce qui resterait inutilisé dans un nouveau prêt : oJ dh'mo" dia; tw'n ejsomevnwn strathgw'n kai; sunevdrwn gravya" yhfivsma kurwsavtw periv te th'" tw'n diafovrwn lhvyew" kai; tou' ejktokismou' aujtw'n. On notera la distinction intéressante entre tokizevsqai qui désigne l’engagement du capital initial, la diafovrwn lh'yi", qui concerne le revenu à percevoir les années suivantes, et l’ ejktokismo;" aujtw'n, qui consiste à tirer de celui-ci des intérêts, ce qui ne pouvait se faire qu’en les réengageant, à la condition implicite (et nous constatons une fois de plus l’extrême concision de ces textes financiers) que les dépenses de l’année sur le bâtiment ou les esclaves aient laissé quelque surplus sur les rentrées de l’année ; mais comme celles-ci s’élevaient au moins à 600 drachmes par an, ce devait être fréquemment le cas, sauf s’il y avait eu de gros travaux à effectuer. Ces dépenses courantes feront l’objet d’un décret du commissaire préposé chaque année à cette tâche : kai; peri; ejpistavtou tou' ejsomevnou kat’ejniauto;n ejpiv te th'" ejpiskeuh'" tou' bouleuterivou kai; tou' katagorasmou' tw'n swmavtwn. Il aura à s’occuper de th'" trofh'" aujtw'n kai; ajmfiesmou' kai; ojywnivou, leur nourriture, leur vêtement et leur ojywvnion : la distinction entre trofhv et ojywnivon montre que, comme les mercenaires chez qui cette distinction est banale, les esclaves recevaient, outre leur alimentation (versée en nature ou en espèces ?) et leur vêtement, une certaine somme d’argent dont il aurait été intéressant de connaître le montant. Nous ne savons pas non plus si cette somme est indispensable à leur vie quotidienne, ou s’il s’agit d’une gratification leur permettant par exemple d’envisager de se racheter un jour. Le commissaire est également chargé de pourvoir au renouvellement des esclaves qui auront été achetés, au cas où l’un d’eux mourrait (sens banal de pavqh ti), de façon qu’ils soient toujours au nombre de quatre : kai; i{na ejavn ti tw'n katagorasqhsomevnwn swmavtwn pavqh,/ oJ kata; to;n kairo;n ejsovmeno" ejpistavth" ajgoravsh a[llo sw'ma w{ste mh; ejlavssona uJpavrcein dia; panto;" tessavrwn.
Les renseignements les plus intéressants sur la gestion des prêts publics à Kymè sont apportés par les dispositions énumérées dans le passage précédent du décret n° 6. Elles fixent le mode d’emploi de la somme de mille statères qui avait été promise dans une partie perdue du décret
(je commenterai par la suite la nature des espèces versées). Il existait des hommes « préposés à la recette des prêts publics » (l. 53 et 63, avec la précision politikw'n daneivwn) auprès de qui le décret précise qu’Archippè doit verser la somme promise (l. 51-53 ) : tou;" de; cilivou" stath'ra" tou' calkou' diagravyai jArcivpphn ejn tw'/ mhni; tw/' Terfeivw/ meta; pruvtanin jAqhvnaion toi'" ejsomevnoi" ejpi; th'" ajpodovsew" tw'n daneivwn ajndravsin. Une fois cet enregistrement effectué, ils feront fructifier (katacrh'sqai) cet argent avec les autres sommes qui leur échoient : tou;" de; diagrayamevnou" katacrh'sqai kai; touvtoi" toi'" diafovroi" meta; tw'n loipw'n tw'n piptovntwn pro;" aujtou;" crhmavtwn (l. 54-55). Une fois que les statères auront été versés par Archippè, le caissier chargé de la gestion en fonction chaque année devra impérativement deux fois par an, au mois de Thaxios et au mois de Terpheios porter au compte des stratèges dix statères et quarante à celui de la Boulè pandèmos, ces sommes étant employées à des sacrifices, dont une portion sera envoyée, sa vie durant, à Archippé. (l. 55-62) : to;n de; tamivan to;n ejpi; th'" dioikhvsew" to;n ejsomevnon ajn’e{kaston ejniautovn, ejpa;n ajpodoqw'sin uJpo; jArcivpph" oiJ civlioi stath're", diagravfein ejpavnagke" e[n te tw/' mhni; tw/' Qaxivw/ toi'" strathgoi'" calkou' stath'ra" devka kai; th/' boulh/' pandhvmw/ calkou' stath'ra" tessavrakonta kai; ejn tw'/ mhni; tw/' Terfeivw/ diagravfein toi'" aujtoi'" to; i[son plh'qo" tou' diafovrou ùtou;" de; diagrayamevnou" ta; diavfora ejpitelei'n ta;" qusiva" ejn tw/' bouleuterivw/ ejpi; tou' kataskeuasmevnou bwmou' ejn eJkatevrw/ mhni; th' dwdekavth/ kai; pevmpein ajpo; th'" qusiva" jArcivpph/ gevra" e{w" tou' zh'n aujthvn. La précision du vocabulaire, la précision minutieuse dans la répétition du montant des sommes, les différences d’intervention des préposés à la recette des prêts publics et du caissier font apparaître toute la rigueur de la cité dans la gestion de ses revenus. La première mention de la somme est faite à l’occasion de sa diagraphè auprès des préposés, la seconde à propos des devoirs du caissier une fois l’apodosis effectuée, en fait à partir de l’année qui suit, puisque les 10 + 40 statères x 2 = 100 sont manifestement le fruit des intérêts annuels de la somme de 1000 statères. Malgré un certain mélange dans l’emploi des mots formés sur apodidômi et sur diagraphein (que j’ai essayé de pallier dans ma traduction), il apparaît bien que les fonctions des deux magistrats sont différentes : aux préposés à la recette, la tenue des comptes, y compris la conclusion des prêts et le contrôle du versement des intérêts, au caissier le maniement de l’argent. Si malgré tout, la séparation des fonctions n’était pas toujours totale et si l’argent passait d’abord entre les mains des préposés à la recette, il est clair que ceux-ci ne géraient pas une caisse autonome, mais que tout l’argent devait être remis au caissier. C’est ce que confirme la clause suivante dont la compréhension souffre à nouveau de la concision de l’expression[xxiii], l. 62-65 : tou;" de; a[ndra" tou;" ajpodeiknumevnou" ejpi; th'" ajpodovsew" tw'n politikw'n daneivwn ajn’e{kaston ejniauto;n touvtou plei'on diagravfein toi'" diafovroi" tw'/ tamiva/ tw/'/ ejpi; th'" dioikhvvsew" eij" ta; kata; th;n dioivkhsin th'" povlew", « que les hommes en fonction à la recette des prêts publics enregistrent chaque année auprès du caissier, au titre des fonds publics, le surplus de ceci ». A première lecture, on voit mal comment l’opération pourrait dégager un surplus, une fois les 100 statères procurés par les intérêts affectés aux dépenses du culte. L’auteur du règlement, dont le texte a probablement été supervisé par Archippè ellemême, considère cependant que cela est possible. Deux solutions peuvent être envisagées : l’argent a parfois été placé à plus de 10 %, ou bien des pénalités de retard, effectivement perçues, sont venues s’ajouter aux intérêts. Je ne relève qu’en passant la dernière clause de ce règlement financier, l. 65-68 : eja;n de; mh; ajpodeiknuvwntai mhkevti oiJ a[ndre", oiJ ceiristai; oiJ ginovmenoi kat’ejniauto;n e{kasta ejpiteleivtwsan kaqovti kai; toi'" ajndravsin ejpitevtaktai dia; touvtou tou' yhfivsmato" h] o}" a]n kata; to;n kairo;n e[ch th;n ejxousivan : « si on cessait de désigner des hommes à ces fonctions, que les administrateurs en place chaque année effectuent tout ce qui est prescrit par ce décret, ou quiconque en aura le pouvoir à ce moment ». C’était s’assurer que ces prescriptions resteraient appliquées même en cas de modification profonde des institutions, quelle qu’en ait été la cause.
Venons en maintenant à une précision remarquable, qui avait déjà, à juste titre, retenu l’attention de L. Robert[xxiv] : les statères promis par Archippè sont des stath're" tou' calkou' (n° 6, l. 52), de même que les statères versés par le caissier aux stratèges et à la Boulè (l. 57-58 : toi'" strathgoi'" calkou' stath'ra" devka kai; th/' boulh/' pandhvmw/ calkou' stath'ra" tessavrakonta). On pourrait être tenté de comprendre « des statères de bronze »[xxv], encore qu’on attendrait un adjectif accordé à statères, plutôt qu’un substantif au génitif. Mais l’objection principale à cette interprétation est qu’on ne connaît pas de telles pièces. Les espèces qu’Archippè désignait sous le nom de statères doivent être les derniers tétradrachmes de la cité, qui ont été frappés vers le milieu du IIe siècle[xxvi]. Ce sont des pièces d’étalon attique au type de la tête à dr. de l’Amazone Kymè au droit et du cheval au pas de parade dans une épaisse couronne de laurier au revers, qui donne son nom à cette catégorie de monnaie. Aucune n’est en bronze. L’expression technique utilisée par le rédacteur se retrouve régulièrement dans les documents financiers de l’Egypte hellénistique. En associant l’étude des monnaies à celle des textes financiers des papyrus, nous avons constaté, F. Burkhalter et moi, que l’indication du montant de la somme y est fréquemment précédée de la précision au génitif du métal dans lequel se fera la transaction. Pour ne citer que quelques exemples, dans le P. Cair. Zeno 59340, daté de l’année 247, les clauses des contrats estiment nécessaire de préciser avec quel numéraire les parties devront acquitter les charges qui leur incombent : ejpivtimon ajrgurivou dracma;" eJkatovn. La traduction habituelle, « une pénalité de cent drachmes d’argent », est inexacte puisque, faute de telles pièces, il était impossible de verser cent pièces d’argent d’une drachme. Dans le P. Tebt. III 820, de l’année 201, la pénalité prévue en cas de manquement est fixée de la sorte : ejpivtimon calkou' nomivsmato" dracma;" disciliva". La construction de la phrase est claire : le notaire note la nature du numéraire ajrgurivou ou calkou' nomivsmato" qu’il fait suivre de la somme comptée par unités. Il faut donc se garder de faire d’ajrgurivou un génitif qualificatif de dracmav" mais bien tenir compte de la coupure entre les deux mots et il convient, malgré la lourdeur de l’expression, de traduire par : « que Théodotos paye comme pénalité, en numéraire de bronze (ou d’argent), tant d’unités ». Cette lecture est confirmée par un passage du P. Tebt. 815 (fg 4 recto, col. I 25). La somme prêtée sera de calkou' ijsonovmou dokivmou ojfqalmofanou'" [dracma;"] mh, ce qu’il faut traduire par « 48 drachmes en numéraire de bronze ayant cours légal, bien visible » (le paiement devant se faire en pièces de monnaie et non en équivalent en nature). L’adjectif ojfqalmofanhv" est au génitif, ce qui indique qu’il qualifie le mot calkou', le « numéraire de bronze » et non les drachmes. C’est logique, car les pièces de bronze qui serviront au paiement peuvent en effet être « bien visibles », tandis que les dracmaiv ne sont que des unités de compte, sans réalité matérielle. On conclura donc qu’Archippè a versé une somme d’une valeur de 1000 statères, c’est-àdire 4000 drachmes, en espèces en bronze. Il faut donc chercher les espèces utilisées dans le monnayage de bronze de la cité, qui reste mal connu[xxvii] : parmi les candidats possibles, je signale les bronzes aux mêmes types que les tétradrachmes, dont les dénominations les plus lourdes pouvaient valoir une obole (SNG VON AULOCK, n° 1630- 1635), ou, si ces pièces sont plus anciennes, la série suivante (ibid., n° 1641-1642). Ces espèces sont clairement à distinguer des « 70 drachmes en argent d’étalon attique données pour le bœuf à présenter au sacrifice », eij" to;n parastaqhsovmenon th/' qusiva/ bou'n ajrgurivou ajttikou' dracma;" eJbdomhvkonta (n° 3, l. 23-25). On notera que le rédacteur a utilisé le même formulaire que les notaires d’Egypte. C’est la seule mention de drachmes et de pièces en argent dans l’ensemble du dossier. Se pose donc le problème des autres sommes comptées en statères, sans que la nature des espèces utilisées soit précisée : doit-on penser que le décompte en statères entraîne le type de monnaie et que tout fut payé en bronzes, ou au contraire que l’absence de précision implique qu’il s’agit de « vrais statères » c’est-à-dire de tétradrachmes en argent ? Les clauses réglant la gestion du capital des
1000 statères (n° 6, l. 62-65) montrent bien que la caisse des fonds publics de la cité avait l’habitude de gérer des mouvements, en particulier pour les prêts publics, en numéraire de bronze. Le talent qui devra être versé par l’héritier (n° 6, l. 68sqq) fera ensuite l’objet de prêts dans les mêmes conditions que les 1000 statères versés sur le champ ; il est très vraisemblable que les intérêts seront eux aussi payés en espèces de bronze et donc que le capital pourra lui aussi être acquitté avec le même numéraire, mais je laisse à l’héritier le soin d’en décider. Quant aux sommes plus modestes versées à la Boulè pandèmos pour le sacrifice et le banquet (n° 3, l. 21-22 ; n° 5, l. 16-18 : eij" qusivan kai; eujwcivan th/' te boulh/' th/' pandhvmw/ stath'ra" penthvkonta) ainsi qu’aux tribus et à l’ensemble des métèques et des affranchis, sans que l’objet en soit précisé (n° 5, l. 18-19 : ta'n fula'n eJkavsta/ stath'ra" eJxhvkonta kai; toi'" metoivkoisi kai; ajpeleuqevroisi stath'ra" penthvkonta), le texte n’apporte pas d’indice qui permette de trancher dans un sens ou dans l’autre. Les variantes dans la rédaction des textes (par exemple pour nommer les personnes ejpi; th'" ajpodovsew" tw'n daneivwn dont il est une fois précisé (n° 6, l. 53) et une fois omis, l. 63, qu’il s’agit des politikw'n daneivwn) nous laissent toute latitude d’interprétation. Pour ma part, je pense que tout a été versé en bronzes. Ce serait une certitude si ces sommes devaient être réparties entre chacun des participants pour leur permettre de prendre part à la fête, à la manière du théorique ou de l’indemnité de participation à l’assemblée à Iasos[xxviii] : la nécessité de fractionner la somme en un grand nombre de petites fractions imposerait de toute façon l’emploi de bronzes, ou obligerait à changer l’argent en bronzes. Le bœuf est à mettre à part. Non pour son prix qui s’élève à 70 drachmes : entre 190 et 180, les hiéropes de Délos paient 72 drachmes pour le bœuf des Posidéia (IDélos, 440, A, 60) et 22 drachmes pour sa nourriture, sur un budget total de la fête de 600 drachmes et on rencontre ailleurs des prix analogues voire plus élevés. Mais parce qu’il est payé en pièces d’argent d’étalon attique qui, à cette date, sont presque exclusivement des tétradrachmes ; la somme n’étant pas divisible par quatre, il a fallu compléter les 17 tétradrachmes par deux drachmes, or les pièces d’une drachme sont très rares à cette époque. A l’époque d’Archippè, nous l’avons noté, les émissions de la cité remontent à un quart de siècle, mais il serait normal que ces tétradrachmes circulent encore. Peu importe, car le recours à cette catégorie de monnaie montre que pour l’achat d’une victime, on utilise le numéraire de poids attique qui est d’usage pour les dépenses des concours panhelléniques, en utilisant n’importe lequel des tétradrachmes à la couronne ou plus généralement à flan large qui circulaient alors et qui se distinguaient des cistophores, plus légers de 25 % environ : aurait-il fallu aller acheter la bête à l’étranger ?
A la suite de L. Robert[xxix], les divers éditeurs sont d’accord pour placer l’action d’Archippè « après la formation de la province d’Asie[xxx] ». La cité n’en faisait pas partie, pas plus qu’elle n’a appartenu au royaume attalide. Mais je suis volontiers I. Savalli[xxxi] quand elle estime qu’elle a été affectée par la guerre d’Aristonikos et qu’elle a peut-être même été occupée par le roi (serait-ce aller trop loin que de supposer que la toiture du bouleutérion a pu être endommagée alors ?). La fortune d’Archippè comprenait au moment de ses générosités au moins deux domaines agricoles et sans doute davantage, car il est difficile de penser qu’elle ait légué toute sa fortune foncière à la cité sans rien garder pour elle-même (sinon l’usufruit d’un domaine) ni rien laisser à son héritier. Nul doute que son frère Olympios possédait lui aussi des terres. Les deux domaines nommés dans le texte sont désignés par les noms de leurs anciens propriétaires, le premier dit « de Chèmiôn et de Skytheinos », dans le village d’Achaios, l’autre d’Aristodèmos, ce qui montre qu’ils n’appartenaient pas à la famille depuis des temps immémoriaux. On est tenté de penser qu’il s’est déroulé dans les années précédentes un processus de concentration des terres et ce n’est sans doute pas forcer le trait que d’imaginer que des propriétaires fonciers ont perdu leurs biens à la suite des troubles politiques dus à la récente guerre. Les grands décrets honorifiques de Colophon attestent
des phénomènes comparables au même moment[xxxii]. On n’en comprend que mieux la volonté d’Archippè d’édifier un temple à la Concorde, qui a dû beaucoup souffrir de la guerre récente.
Ce remarquable dossier ouvre de larges perspectives sur l’utilisation de la monnaie dans la cité, plus particulièrement à la basse période hellénistique. J’en retiendrai deux principales. La première concerne l’importance des prêts dans la vie ordinaire de la cité et pour le fonctionnement régulier de celle-ci. Archippè y recourt tant pour assurer chaque année le financement de sacrifices semestriels qui seront célébrés par les stratèges et la Boulè, que pour garantir, après sa mort, le financement pérenne de l’entretien du bouleutérion et doter cette institution des esclaves nécessaires à son usage courant. Nous avons vu que la vente d’un terrain pour financer sur le long terme la construction du temple de la Concorde ainsi que du portique et des boutiques qui lui sont associés y recourait également. Cette utilisation fréquente des prêts n’a rien d’exceptionnel. C’est ce que montre la désignation régulière par la cité « d’hommes préposés à la recette des prêts publics », qui apparaissent tellement indispensables que les rédacteurs des décrets peuvent envisager des modifications de l’institution, mais pas sa disparition, puisqu’il leur paraît évident qu’il y aura toujours des « administrateurs ou des gens qui auront le pouvoir » de traiter ce genre d’affaires. Dans le même sens, nous avons relevé la technicité du vocabulaire employé qui a pu paraître obscur par sa concision mais qui était évidemment sans ambiguïté pour Archippè et ses partenaires. Malgré l’absence d’une institution financière spécialisée assimilable à une banque, on constate l’existence d’un véritable marché monétaire dont le fonctionnement paraît animé par les affaires menées dans le milieu des riches propriétaires fonciers auquel appartient Archippè, qui se fait en partie sous le contrôle de la cité, tandis qu’elle-même est gouvernée et gérée par ces propriétaires fonciers. A la différence de nos Etats modernes, Kymè apparaît régulièrement comme prêteuse. Elle le fait à un taux qui est fixé par nos documents à 10 %, ce qui est un taux faible, les prêts ordinaires se négociant plutôt à 12 % et au-dessus, pour ne pas parler des prêts maritimes qui rapportaient beaucoup plus mais présentaient des risques qu’Archippè ne voulait manifestement pas courir. Il se dégage même de ces prescriptions financières une impression de sécurité qui retient l’attention. A 10 %, notre bienfaitrice préfère clairement des placements « de père de famille » et elle n’envisage pas que certaines années, ses capitaux puissent ne pas trouver les emprunteurs nécessaires pour atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé, honorer les dieux et embellir la cité : on est tenté d’en conclure que, dans ce marché monétaire, la demande dépassait régulièrement l’offre. Nos textes ne prennent même pas de précaution particulière contre les impayés, mais c’est sans doute trop leur demander que d’y chercher des clauses qui sont étrangères à l’esprit de ces décrets honorifiques. Nous ne savons rien des emprunteurs et il serait commode de suivre la voie ouverte par M. FINLEY en concluant à des opérations financières de simple consommation, sans calcul économique. On note cependant que, bien que préoccupée avant tout par la réputation de sa famille et sa propre gloire ainsi que par la renommée de la cité et la piété envers les dieux, Archippè est loin d’être étrangère à toute notion d’investissement, puisqu’elle prévoit de doubler le portique attenant au temple d’Homonia d’une rangée d’ergastéria, des ateliers-boutiques, qui seront certainement loués par la cité. Elle se situe ainsi dans la suite du jeune Antiochos I offrant à Milet un portique et des boutiques pour financer la construction du temple d’Apollon à Didymes[xxxiii]. Quant à l’acheteur du domaine agricole, il se place lui aussi dans une logique économique. Les prêts, en accroissant automatiquement la masse monétaire disponible, contribuent à l’activité économique de la cité et à son développement. Archippè a créé des sortes de fondations perpétuelles alimentées par le revenu des capitaux donnés, qui sont évidemment à distinguer des emprunts publics[xxxiv], encore que les cités aient pu vouloir réunir de l’argent pour constituer des fondations de ce genre. Dans une thèse toujours
inédite, V. CHANKOWSKY a brillamment montré, à partir de la documentation de Délos[xxxv], que c’est vers le milieu du Ve siècle qu’apparaît à Athènes cette technique financière qui consiste à assurer par ce genre de financement une partie des dépenses ordinaires du culte (sans parler de celles du gymnase[xxxvi] ou d’autres dépenses récurrentes). Plutarque signale une pratique un peu différente, mais parallèle, en rapportant dans la Vie de Nicias, 3,7, que l’homme d’affaires athénien « avait consacré un domaine (chôrion, synonyme d’agros) acheté 10.000 drachmes dont les Déliens devaient employer les revenus à des sacrifices… ». Au service d’un projet analogue, Archippè a suivi un chemin inverse, en vendant un domaine pour se procurer de l’argent dont les revenus lui paraissaient peut-être mieux assurés que ceux de l’agriculture.
Bien inscrite dans une longue série, la gestion financière d’Archippè atteste également les nouveautés du temps. La plus remarquable me paraît être le développement de l’usage de la monnaie en bronze. Les témoignages épigraphiques en sont très rares en dehors de l’Egypte hellénistique, où il est bien connu que très tôt l’essentiel des transactions s’est fait principalement en espèces de bronze, ce qui aurait eu des effets catastrophiques d’ailleurs mal appréciés[xxxvii]. On en a signalé d’autres manifestations, à Thasos où des sommes de 1000 drachmes sont uniquement faites d’espèces de bronze[xxxviii] ou en Béotie[xxxix], et d’autres se cachent certainement dans des textes qui restent à mieux analyser. Les séries monétaires sont plus explicites, encore qu’en l’absence de corpus par coins des émissions en bronze, il reste difficile d’évaluer l’ampleur du monnayage en circulation : je me permets de renvoyer pour une première estimation aux données de Thasos, qui a frappé entre les années 175 et le milieu du Ier siècle 24 émissions de bronzes, qui étaient pour la plupart des oboles et des hémioboles[xl], utilisant au moins 53 coins de droit pour les oboles et 60 pour les hémioboles. Le signe le plus net de la croissance des transactions en bronze est la séparation de plus en plus tranchée, dans la production monétaire des cités, entre les multiples en argent et les fractions en bronze, la plupart des ateliers, parmi lesquels je ne citerai à côté de Kymè que ceux de Thasos et d’Athènes, ne mettant en circulation pratiquement aucune dénomination entre le tétradrachme (ou statère) et l’obole (à la rigueur, le triobole) ; c’était déjà le cas en Egypte dès le IIIe siècle. Les ateliers qui continuent à faire usage de monnaies divisionnaires en argent, dont notamment Rhodes, certains ateliers du Péloponnèse, notamment le Koinon achéen, Apollonia et Dyrrachion sur la côte illyrienne, sont nettement minoritaires. Il faut en conclure que les cités de la basse époque hellénistique ont désormais les mêmes pratiques financières que l’Egypte lagide, les opérations sur le marché intérieur étant effectuées pour l’essentiel en espèces en bronze. Or si celles-ci procurent aux finances de l’Etat un allègement considérable des coûts de fabrication et si elles facilitent les transactions de faible valeur, elles ont pour contrepartie de très mal circuler à l’extérieur où elles ne sont pas acceptées. Cependant il n’apparaît pas que cela ait été un frein à la multiplication de leur usage en Egypte, non plus que dans les cités. Il serait profondément erroné de conclure de la raréfaction des espèces en argent à une diminution des échanges monétaires à l’époque d’Archippè. Certes celle-ci estime plus avantageux de fournir du vin de ses vignes et, selon toute apparence, de faire cuire dans des fours à son service les tuiles du bouleutérion, plutôt que de se les procurer par des transactions en monnaie. Mais le recours au marché monétaire pour assurer la régularité de ses prestations à la cité ainsi que, peut-être, la distribution d’une petite somme aux habitants dont les membres de la Boulè montrent bien que la monnaie ne faisait pas défaut, même si, comme je l’ai noté, le marché monétaire paraît avoir été plutôt demandeur, et que les prêts en monnaie procuraient, semble-t-il, des revenus mieux assurés que l’exploitation d’un domaine agricole. En employant ce concept de « marché monétaire » pour la circulation des espèces en bronze –au risque de paraître quelque peu provocateur selon les perspectives traditionnelles de l’histoire économique du monde hellénistique –, je n’oublie certes pas que ce marché fonctionnait à un
rythme très lent, puisque notre évergète n’envisage manifestement aucune limite de temps à ses fondations, pas plus qu’elle ne paraît prendre en compte les effets d’une quelconque dévaluation de la monnaie, et qu’il ne traitait qu’un volume très modeste de capitaux : je ne me risquerai pas à essayer d’évaluer la valeur financière des bronzes mis en circulation à Thasos pendant un peu plus d’un siècle, mais il n’est pas douteux que le montant cumulé en était plutôt médiocre. Cette médiocrité est à la mesure de l’étroitesse de l’activité économique de l’ensemble de la cité où, de toute évidence, une grande partie de la production agricole était destinée à l’autoconsommation et échappait de ce fait à tout échange et à toute mesure. En dépit de ses limites, c’est pourtant dans ce cadre de la cité que s’organisaient les transactions internes. Quant aux échanges avec l’extérieur, comme l’achat du bœuf en tétradrachmes d’étalon attique, ou qu’il s’agisse de transactions financières ou de prêts maritimes, ils relevaient de circuits différents, utilisant des monnaies différentes.
Olivier PICARD Université de Paris IV
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Texte 1 (pilier B II - SEG 33, 1041)∗ [Edoxen th'/ boulh/' : gnwvmh strathgw'n kai; fulavrcwn kai; tw'n sunevdrwn : ejpeidh;; jArcivpph hJ Dikaiogevnou ejphggeivlato tw'/ dhvmw/ dwvsein ajpo; tw'n ajgrw'n tw'n uJparcovn4 twn aujth'/ ejg cwvrw/ jAcaivw/ tovn te kalouvmenon Chmivwno" kai; Skuqeivnou kai; to;n kalouvmenon jAristodhvmou, w'Jn kai; th;n kurieivan parecwvrei tw'/ dhvmw/ meta; th;n eJauth'" metallagh;n e{neken tou' paraskeuasqh'nai 8 ajnaqevmata ejn th/' ajgora/' navon t[e] jOmonoiva" kai; bwmo;n kai; stoa;" kai; ejrgasthvria, stoicou'sa de; th/' uJparcouvsh/ peri; eJauth;n filodoxiva/ bouvletai ejpitelei'sqai ta; ajnaqevmata kai; paradidoi' tw'/ dhvmw/ ajpo; tw'n ajgrw'n 12 tw'n ejphggelmevnwn to;n kalouvmenon Chmivwno" kai; Skuqeivnou, w{ste praqevnto" aujtou' ejpitelei'sqai ta; prw'ta tw'n e[rgwn tw'n kata; ta; ajnaqevmata: dedovcqai; jArcivpphn me;n th;n Dikaiogevnou ejph/nh'sqai 16 ejpi; th/' kata; to;n bivon swfrosuvnh/ kai; ejpi; th/' spoudh/' th/' uJpe;r th'" patrivdo": kurwqevnto" de; tou' yhfivsmato" touvtou ajpodeivxato oJ dh'mo" a[ndra" duvo kata; mhde;n ejpikwluomevnou" ou}" a]n kai;; jArcivpph sunkreivnh/, oiJ de; ajpodei20 cqevnte" tav te loipa; ejpitelevsousin ta; peri; tw'n ajnaqhmavtwn kata; to; prokekurwmevnon yhvfisma: pwlhvsousin de; kai; to;n ajgro;n to;n Chmivwno" kai; Skuqeivnou plh;n tw'n spermavtwn kai; th'" stafulikh'" prosovdou tw'n kaq’e[to", 24 ejf’w/J' oJ ajgoravsa" dwvsei to; trivton mevro" th'" timh'" ejn hJmevrai" eJxhvkonta, th;n de; loiph;n timh;n ajpodwvsei ejn e[te-
sin tevssarsin, ajpodidou;" kat’ejniauto;n to; pro;" mevro", kai; tou' kataballomevnou tovkon devkaton tou' crovnou 28 tou' th'" pravsew" ù e[sontai de; oiJ aujtoi; a[ndre" kai; ejpistavtai ejpi; th'" tw'n ajnaqemavtwn kataskeuh'" e{w" th'" sunteleiva" aujtw'n, kai; ejpi; th'" pravsew" de; tou' uJpoleipomevnou ajgrou' ejpa;n metallavxh/ jAr32 civpph, kai; ta; loipa; dioikhvsousin a{panta ou'Jtoiv te kai; oiJ loipoi; pavnte" o[iJ'"] t[e] prostevtaktai peri; th'" tw'n ajnaqemavtwn sunteleiva" kata; to; prokekurwmevnon peri; touvtwn yhvfisma: proevqekan oiJ stra36 thgoiv ejpi; Swpavtrou: ajpedeivcqhsan Zwiv>lo" oJ fuvsei JErmagovrou tou' Zwiv>lou, fravtra" jAristarcivdo", p[ep]aidopohmevno" de; uJpo; jAlexavndrou tou' Zwiv>lou, [fravtra]" jAristarcivdo", JElikw;n jApollwnivou.
Il a plu au Conseil, sur proposition des stratèges et phylarques, ainsi que des conseillers : attendu qu’Archippè fille de Dikaiogénès a fait promesse de faire don au peuple, sur les domaines qui lui appartiennent 4 dans la localité d’Achaios celui qui porte le nom de Chèmiôn et de Skytheinos ainsi que celui qui porte le nom d’Aristodèmos, dont elle cède la propriété au peuple après son décès, afin de construire 8 sur l’agora des monuments votifs, un temple de la Concorde avec un autel des portiques et des boutiques ; attendu que, persévérant dans son désir de sa propre gloire, elle décide de mener à bien ces monuments et qu’elle transmet au peuple sur les domaines 12 qui ont été promis celui qui porte le nom de Chèmiôn et de Skytheinos, de façon que par sa vente soit menés à bien le début des travaux concernant ces monuments votifs ; qu’il plaise [au peuple] de décerner l’éloge à Archippè fille de Dikaiogénès 16 pour sa vertu durant sa vie et pour son zèle envers la patrie ; qu’une fois ce décret validé, le peuple désigne deux hommes qui ne souffrent d’aucun empêchement, à qui Archippè donne son accord, et que ceux-ci, 20 une fois désignés, exécutent l’ensemble de ce qui concerne les monuments votifs, selon le décret précédemment voté : qu’ils mettent en vente le domaine de Chèmiôn et de Skytheinos, moins la récolte des céréales et des raisins de cette année, 24 à la condition que l’acheteur versera le tiers du prix dans les soixante jours, et qu’il s’acquitte du reste du prix en quatre
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années, en versant chaque année [l’intérêt de 10%] en proportion [de ce qui reste à payer du total], à quoi s’ajoute l’intérêt de ce qui a été versé l’année de la vente ; ces mêmes hommes seront également les commissaires pour la construction des monuments votifs jusqu’à leur achèvement, ainsi que pour la vente du domaine laissé après le décès
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d’Archippè et ils gèreront l’ensemble des choses, eux et toux ceux à qui cela est prescrit, pour la réalisation des monuments votifs, selon le décret qui a été voté sur ces points ; les stratèges ont présenté
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[le décret] sous [la prytanie] de Sôpatros ; ont été désignés Zôïlos fils d’Hermagoras, fils de Zôïlos, de la phratrie Aristarchis, adopté par Alexandre fils de Zôïlos, de la phratrie Aristarchis, ainsi qu’Hélicon fils d’Apollonios.
Texte 2 (pilier B III - SEG 33, 1040) [Edoxen th'/ boulh/' : gnwvmh strathgw'n kai; f[ulavr]cwn kai; tw'n sunevdrwn : ejpeidh;; jArcivpph hJ Dik[ai]ogevnou proairei'tai th'" ojrofh'" tou' bouleuthrivou 4 thvn te uJperwrufivan metaskeuavsai kai; th;n keramwvsin metaqei'nai, a} kai; pro;" th;n ajsfavleiai kai; pro;" th;n eujcrestivan eujqetwvtera nenovmiken uJpavrcein, peri; toutw'n te kai; tw/' plhvqei tw'n 8 politw'n ejmpefanikevnai dia; tw'n proestwvtwn kai; sugkrivsei" ajrcitectovnwn gevgonan meq’uJpodeigmavtwn, th'" zhthvsew" ejpiteloumevnh" meivzonov" te dapavnh" uJparcouvsh" ajnadevdektai kai; tauv12 thn tou' th'" paqtrivdo" sumfevronto" stocazomevnh, ejpitelei'n te ta; kata; th;n kataskeu;n eJtoivmw" e[cousa, sugcwrhqh'nai parakalei' eJauth/' eij" to; paradoqh'nai to;n tovpon: dedovcqai tw'/ Dhvmw/: jAr16 civpphn me;n ejph/nh'sqai ejpiv te th/' kalokagaqiva/ kai; h/J' dia; panto;" eijsfevretai spoudh/' eij" ta; th'" patrivdo" sumfevronta, th'" tw'n progovnwn dovxh" a[xia pravssousa kai; stoicou'sa th/' kata; th;n ajreth;n megalomereiva/: 20 doqh'nai de; aujth'/ pro;" th;n prodedhlwmevnhn ejpiskeuh;n to;n tovpon e{neken tou' e[cein aujth;n ejxousivan e{kasta ejpitelei'n kata; th;n ijdivan pivstin kai; proaivresin: e[stw de; ejxousiva aujth'/ kai; peri; tw'n ajgomev24 nwn livqwn kai; xuvlwn kai; tw'n loipw'n tw'n pro;" th;n creivan tiqevnai eij" tou;" dhmosivou" tovpou" uJpo; mhqeno;" kwluomevnhn: sugcecwrh'sqai de; jArcivpphi kai;
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ejavn tina proaivrhtai tw'n gegonovtwn aujth/' yhfismavtwn ejgcaravxai eij" ta; marmavrina tou' bouleuthrivou : eij'nai de; to; yhvfisma tou'to kuvrion ejpi; tw/' th'" povlew" sumfejronti : ejdovqh ejpi; Swpavtrou, mhno;" Maimakth'ro".
Il a plu au Conseil, sur proposition des stratèges et phylarques, ainsi que des conseillers : attendu qu’Archippè fille de Dikaiogénès prend le parti de réparer la toiture 4 et la charpente du bouleutérion et de changer les tuiles (car elle a jugé que c’est plus convenable pour la sécurité et la commodité), et qu’à ce sujet, elle en a référé 8 à l’ensemble des citoyens par l’intermédiaire des dirigeants, que des concours d’architectes avaient eu lieu avec des modèles et que, une fois l’enquête terminée, la dépense s’avérait plutôt importante, elle a accepté 12 celle-ci, en ayant pour but l’intérêt de la patrie, et que, prête à mener à terme ce qu’implique la restauration, elle demande que lui soit concédé le lieu, plaise au Peuple 16 de décerner l’éloge à Archippè pour sa noblesse et pour le zèle qui marque toute sa conduite en faveur des intérêts de la patrie, en agissant d’une manière digne de la gloire de ses ancêtres et en témoignant une munificence conforme à sa valeur ; 20 que le lieu lui soit concédé pour les travaux annoncés afin qu’elle ait toute latitude de réaliser chaque chose en pleine confiance conformément à sa détermination ; que lui soit accordée la faculté, 24 pour le transport des pierres, des madriers et de tous les autres matériaux nécessaires, de les entreposer dans les lieux publics
sans que personne puisse s’y opposer ; que soit également accordé à Archippè, si elle en prend le parti, de faire graver certains des décrets pris pour elle 28 sur les blocs de marbre du bouleutérion ; puisse le présent décret être utile à la cité ; il a été pris sous [la prytanie] de Sôpatros, au mois de Maimaktèr.
Texte 3 (pilier A II - SEG 33, 1036) Yhvfisma peri; qusivwn tai'" fuvlai": e[doxen th'/ boulh/', gnwvmh strathgw'n kai; fulavrcwn kai; tw'n sunevdrwn: ejpeidh;; jArcivp4 ph hJ Dikaiogevnou katakolouqou'sa th/' eJauth'" kalokajgaqiva/ kai; h/J' dia; panto;" eijsfevretai pro;" th;n patrivda eujnoiva/ kai; filodoxiva/ oujqevna kairo;n paraleivpei tw'n pro;" fi8 lagaqivan kai; ejktevneian ajnhkovntwn, ejf’oiJ'" kai; th;n kata; koino;n uJpo; tou' dhvmou kai; kat’ijdivan uJf’eJkavstou tw'n politw'n ajpanta'sqai aujth/' sunbaivnei ajpodoch;n kai; 12 eujcaristivan tetimhmevnh/{n} ejpifanevsi ka[i;] ejndovxoi" timai'" kai; ajxivai" th'" te tw'n progovnwn ajreth'" kai; kalokajgaqiva" kai; th'" ijdiva" pro;" to;n dh'mon ejktevneia", di’a}" kai; th;n 16 patrivda kallivona kai; ejpifanestevran kaqevstaken, ejpigegrafei'a te ejpi; to; suntetelesmevnon bouleuthvrion kata; ta; proeyefismevna proeivretai kai; tw'n pro;" filanqrwpivan 20 ajnhkovntwn ejpivdosin poihvsasqai, kai; devdwken eij" qusivan kai; eujwcivan th/' te boulh/' th/' pandhvmw/ stath'ra" penthvkonta kai; eij" to;n parastaqhsovmenon th/' qusiva/ bou'n 24 ajrgurivou ajttikou' dracma;" eJbdomhvkonta kai; oi[nou palaiou' provcou" penthvkont[a]
kai; tw'n fulw'n eJkavsth/ kai; toi'" paroivkoi" to; i[son plh'qo", kai; glukiei'n ejn tw/' suntete28 lesmevnw/ uJf’eJauth'" bouleuthrivw/ touv" te povlita" kai; tou;" a[llou" tou;" katoikou'nta" ejn th/' povlei: dedovcqai tw'/ dhvmw/: ejpainevsai jArcivpphn kai; ejn touvtoi" kai; 32 ajpodedevcqai meta; pavsh" eujnoiva" th;n proaivresin aujth'" kai; th;n pro;" th;n patrivda ejktevneian kai; filagaqivan: ejdovqh Terfeivou dwdekavth/, ejpi; jApollodwvrou tou' Dio[..] 36 nou.
Décret sur les sacrifices destinés aux tribus. Il a plu au Conseil, sur proposition des stratèges et phylarques, ainsi que des conseillers : attendu qu’Archippè 4 fille de Dikaiogénès, conformément à sa noblesse et au dévouement qu’elle ne cesse de manifester envers la patrie ainsi qu’à son désir de gloire, ne néglige aucune occasion pour ce qui concerne 8 le zèle dans son désir du bien, ce pour quoi, aussi bien collectivemement de la part du peuple qu’individuellement de chacun des citoyens, il résulte qu’elle obtient approbation et 12 reconnaissance en recevant des honneurs éclatants et glorieux qui sont dignes de la valeur et de la noblesse de ses ancêtres, ainsi que de son zèle propre envers le peuple, par lequel 16 elle a rendu la patrie plus belle et plus éclatante ; et qu’après avoir fait graver [des décrets en son honneur] sur le bouleutérion après sa réfection, conformément à ce qui avait été voté précédemment, elle a promis de faire également un don qui concerne 20 la générosité et qu’elle a versé, pour un sacrifice et un banquet, à la boulè pandémos cinquante statères, soixante dix drachmes en argent d’étalon attique pour le bœuf à présenter au sacrifice 24 et cinquante mesures de vin vieux ainsi que la même quantité à chacune des tribus
et aux paroikoi, et qu’elle a offert une collation de vin doux 28 dans le bouleutérion achevé par ses soins aux citoyens et aux autres résidents dans la cité ; plaise au peuple de décerner l’éloge à Archippè et, dans ces fêtes, 32 d’agréer avec toute notre bienveillance le parti qu’elle a pris et son zèle pour la patrie et son amour du bien. Voté le 12 de Terpheios, sous [la prytanie] d’Apollodôros fils de Dio… 36 nès.
Texte 4 (pilier A I - SEG 33, 1035) [- - - - ejpigrafa;n e[coisan ù‘oJ Da'mo" jArcivppan ta;n Dikaiogevneo"] ajreta'" e{neken [kai; euj]noiva" ta'" eij" eJautovn’, par[sta']sai d[e; auj]ta/' ejpi; tw' aujtw' bavmato" kai; eijkovna calkevan tw' Dav[mw k]olossivaian 4 stefavnoisan aujtavn ù sta'sai de; kai; tw' patro;" aujta'" Dikaiogevneo" tw' Lakravteo" eijkovna calkevan ejpi; tw' aujtw' bavmato" ejpigrafa;n e[coisan ù‘oJ Da'mo" Dikaiogevnhn Lakravteo"’ ù stefanwsavtw de; kai; oJ ajgwnoqevta" jArcivppan ta;n Dikaiogevneo" crusevw/ stefavnw/ 8 ejn toi'" prwvtoi" Dionusivoisi tw/' ajgw'ni tw'n paivdwn ajreta'" e{neken kai; eujnoiva" ta'" eij" to;n da'mon : kalh'sqai de; aujta;n kai; eij" proedrivan : ta;n de; ajnaggelivan tw'n progegrammevnwn poihvsqw o{ te nu'n ejw;n ajgwnoqevta" kai; oiJ eJkavstote ejssovmenoi kaqovti kai; 12 toi'" a[lloi" eujergevtai": ejpei; dev ke teleutavsh/ jArcivppa, oJ ejssovmeno" ka;t to;n kairo;n pruvtani" stefanwsavtw aujta;n crusevw/ stefavnw/ poihvmeno" ta;n ajnaggelivan kaqovti progevgraptai: dedovsqai de; aujta/' kai; tafa;n o{ppoi kai; toi'" a[lloi" eujergevtai": i{16 na de; kai; ta;n tacivstan sunqelesqevoisin oi{ te ajndriavnte" kai; to; ba'ma, parakalevssai to;n kasivgnaton aujta'" jOluvmpion to;n Dikaiogevneo" eijsenevgkai ta; crhvmata ajnapovdota kai; kataskeuavsai aujto;n ta; progegrammevna kaqovti ken jArcivppa proairh'tai: e[mme20 nai de; to; yavfisma tou'to ejpi; swthriva/ ta'" povlio" kai; tw'n polita'n : ejpi; Mhtrofavnou, mhno;" Terfeivou.
[portant l’inscription : « Le Peuple (honore) Archippè fille de Dikaiogénès] pour sa valeur et son dévouement envers lui », et qu’il fasse ériger à côté, sur la même base, une statue colossale en bronze du Peuple 4 en train de la couronner ; qu’il fasse ériger aussi une statue en bronze de Dikaiogénès fils de Lakratès sur la même base, portant l’inscription : « Le Peuple (honore) Archippè fille de Dikaiogénès » ; que l’agonothète couronne Archippè fille de Dikaiogénès d’une couronne d’or 8 aux prochaines Dionysies lors du concours des enfants, pour sa valeur et son dévouement envers le peuple et qu’il invite celle-ci à la proédrie ; que l’agonothète en fonction et ses successeurs fassent la proclamation des [honneurs] prescrits ci-dessus comme 12 pour les autres bienfaiteurs ; que, quand Archippè sera décédée, le prytane en fonction à ce moment la couronne d’une couronne d’or en faisant la proclamation comme il est prescrit ci-dessus ; qu’il lui soit accordé une inhumation au même lieu que les autres bienfaiteurs ; 16 afin que les statues et la base soient réalisées le plus rapidement possible, que l’on invite son frère Olympios fils de Dikaiogénès à procurer l’argent sans remboursement et qu’il réalise le programme ci-dessus, selon la volonté d’Archippè ; puisse 20 ce décret contribuer au salut de la cité et de ses citoyens ; sous [la prytanie] de Mètrophanès, au mois de Terpheios.
Texte 5 (pilier A III - SEG 33, 1037) yhvfisma peri; qusivwn tai'" fuvlai" eij" a} e[dwken jArcivpph, kai; glukismou': e[doxen ta'/ bolla/', gnwvma stratagw'n kai; fulavrcwn kai; tw'n sunev4 drwn ùejpeidh;; jArcivppa aJ Dikaiogevneo" katakolouqou'sa ta/' eJauta'" kalokajgaqiva/ kai; a/J' dia; pavnto" eijsfevretai pro;" ta;n pavtrin eujnoiva/ kai; filodoxiva/ oujqevna kairo;n paraleivpei tw'n pro;" filagaqivan kai; ejktevneian ajnhkovntwn, ejf’oiJ'" kai; ta;n kata; koino;n uJpo; tw' davmw kai; ka8 t’ijdivan uJp’eJkavstw tw'n polita'n ajpanta'sqai aujta/' sunbaivnei ajpodoch;n kai; eujcaristivan tetimhmevna/{n} ejpifanevesi kai; ejndovxoisi timai'" kai; ajxivaisi ta'" te tw'n progovnwn ajreta'" kai; kalokajgaqiva" kai; ta'" ijdiva" pro;" to;n da'mon ejktevneia", di’a}" kai; ta;n pavtrin kallivona kai; ejpifane12 stevran kaqevstake, nu'n te, kateskeuasmevnan ta'n eijkovnwn ta'n ejyaf[is]mevnan uJpo; tw' damw', jArcivppa" te stefanomevna" uJpo; tw' Damw' kol[os]siaiva/ eijkovni kai; tw' patro;" aujta'" Dikaiogevneo", kai; eJstakoivsan pro; tw' bolleuthrivw tw' ajnateqeimevnw uJpo;; jArcivppa", proaivretai kai; tw'n 16 pro;" filanqrwpivan ajnhkovntwn ejpivdosin poihvsasqai kai; devdwken eij" qusivan kai; eujwcivan ta/' te bolla/' ta/' pandavmw/ stath'ra" penthvkonta kai; ta'n fula'n eJkavsta/ stath'ra" eJxhvkonta kai; toi'" metoivkoisi kai; ajpeleuqevroisi stath'ra" penthvkonta kai; ejgluvkisen toiv" te po[liv]20 tai" kai; toi;" a[lloi" toi;" katoikh'nta" ejn ta/' povlei: dedovcqai tw'/ d[a]vmw/: ejpainevsai jArcivppan kai; ejn touvtoisi kai; ajpodedevcqai meta; paivs[a"] eujnoiva" ta;n proaivresin aujta'" kai; ta;n pro;" ta;n pavtrin ejktevneian kai; f[ila]gaqivan: proevqekan oiJ sratagoi; pavnte", Terfeivou, ejpi; Kallivpou.
Décret sur les sacrifices destinés aux tribus à propos des dons d’Archippè et sur la collation. Il a plu au Conseil, sur proposition des stratèges et phylarques, ainsi que 4 des conseillers : attendu qu’Archippè fille de Dikaiogénès, conformément à sa noblesse, au dévouement et au désir de gloire qu’elle ne cesse de manifester envers la patrie, ne néglige aucune occasion pour ce qui concerne le zèle dans son désir du bien, ce pour quoi, aussi bien collectivemement de la part du peuple 8 qu’individuellement de chacun des citoyens, il résulte qu’elle obtient approbation et reconnaissance en recevant des honneurs éclatants et glorieux qui sont dignes de la valeur et de la noblesse de ses ancêtres, ainsi que de son zèle propre envers le peuple, par lequel elle a rendu la patrie plus belle et 12 plus éclatante ; et que maintenant que les statues qui avaient été votées par le peuple, celle d’Archippé couronnée par une statue colossale du Peuple et celle de son père, Dikoigénès, ont été réalisées et qu’elles ont été placées devant le bouleutérion consacré par Archippè, elle a pris la décision 16 de faire également un don qui concerne la générosité et qu’elle a versé, pour un sacrifice et un banquet, à la boulè pandémos cinquante statères et à chacune des tribus soixante statères, ainsi que cinquante statères aux métoikoi et aux affranchis et qu’elle a offert une collation de vin doux aux 20 citoyens et aux autres résidents dans la cité ; plaise au peuple de décerner l’éloge à Archippè et, dans ces fêtes, d’agréer avec toute notre bienveillance le parti qu’elle a pris et son zèle pour la patrie et son amour du bien ; les stratèges l’ont tous ensemble présenté [au peuple], au mois de Terpheios, sous [la prytanie] de Kallippos.
Texte 6 (pilier B I - SEG 33, 1039) ----------------------------------------------------------------------------------------- diwv]xew" toi'" pr[ogegrammevn]oi" kata; tw'n ajdikhsovntwn h] kaqexo[mevnwn ti ej]k tw'n progegram[mevnw]n h] ejnantiwqevntwn toi'" dia; tou' yhfivsm[ato" dh]loumevnoi": pronohqhvsan de; oiJ ejpistavtai peri; tou' uJpavrcei[n to;n bwmo;n] marmavrinon pro; tou' naou' ejn tw/' ajnaqhvmati ù suncwrhqh'nai de; [wJ" paraka]lei' jArcivpph uJpo;J tw'n politw'n e[neken tou' JElikw'na to;n eJauth'" oij[konovmon] to;n o[nta patro;" jApollwnivou jAntioceva ajpo; Davfnh", genevsqai po[livthn hjmw'n] ù frontivsai de; kai; peri; eJauth'" eij" to; tw'n kaqhkousw'n ajxiwqh'nai t[imw'n ù do]qh'nai de; eJauth'/ kai; ajleitourghsivan kaqovti parakalei' proferomevnh/ [th;n peri;] aujth;n perivstasin ù oJ de; dh'mo", sunidw;n tov te plh'qo" tw'n dapa[nhmav]twn kai; th;n ejx jArcivpph" dia; panto;" eujergesivan, thvn te ajreth;n auj[th'" te] 12 kai; th;n megalomevreian ajpodevcetai, ejntroph'" me;n kai; ajpodoc[h'" di]av te th;n swfrosuvnhn kai; to; gevno" ajxiw'n, ejpaivnou de; dia; th;n eij" [th;n] patrivda filodoxivan, ta; mevgista kai; eijlhfw;" par’aujth'" filavnqrw[pa] kai; tw'n ejndoxotavtwn hjxiwkwv" te kai; speuvdwn tucei'n aujth;n tim[w'n], 16 proairouvmenov" te th;n kataxivan th'" ajreth'" aujth/' ajpodou'nai eu[noi[an] oi[etai dei'n timh'sai aujth;n kai; eijkovni crush/' ù ajgaqh/' tuvch/ kai; ejpi; swt[hriv]a/, dedovcqai tw'/ dhvmw/ jArcivpphn me;n tou' Dikaiougevnou ejph/nh'sqai ejpiv te th/' [sw]frosuvnh/ th/' uJparcouvsh/ peri; aujth;n kai; eujtaxiva/ kai; th/' pro;" patrivda aiJre20 sei kai; ejpi; tw/' ajkovlouqa pravssousan th/' dia; tw'n progovnwn uJparcouvsh/ aujth/' kalokajgaqiva/ ejpidedwkevnai auJth;n kai; eij" ta; prodedhlwmevna katatiqemevnhn th'" eJauth'" filotimivan eij" ta; kavllista kai; pro;" ejpifavneian kai; mnhvmhn ajqavnaton ajnhvkonta, di’ a} sumbaivnei kai; tou;" ijdivou" aujth'" tima'sqai 24 ajxivw" hJ'" e[schken jArcivpph pro;" aujtou;" ejkteneiva" kai; filostorgiva", ejpikosmei'sqai de; kai; ejpifanestevran givnesqai kai; th;n povlin: i{na de; kai; toi'" ejpiginomevnoi" oJ th'" ajreth'" zh'lo" mh; a[shmo" uJpavrch/, ginwvskwsin de; th;n tou' dhvmou eij" tou;" kalou;" kai; ajgaqou;" eujcaristivan, stefanw'sai aujth;n 28 stefavnw/ crusw/' kai; eijkovni crush/' ajreth'" e{neken kai; eujnoiva" h'J" e[cousa
4
8
diatelei' eij" th;n patrivda: sth'sai de; th;n eijkovna th;n crush'n ejpi; stulivdo" marmarivnh" ejn tw/' peribovlw/ tou' bouleuthrivou w/J' ajnatevqeiken jArcivpph{i} ejpigrafh;n e[cousan: ‘oJ Dh'mo" jArcivpphn th;n Dikaiogevnou ajreth'" e{neken kai; euj32 noiva" th'" eij" eJautovn’: oJ de; ajgwnoqevth" tw''n Dionusivwn poihsavsqw ejn tw/' prwvtw/ ajgw'ni tw'n paivdwn tou' te stefavnou kai; th'" eijkovno" th;n ajnaggelivan, eij" de; to; loivpon ajei; uJpo; tou' ejsomevnou ajgwnoqevtou stefanou'sqaiv te jArcivpphn tw/' crusw/' stefavnw/ kai; kalei'sqai aujth;n eij" proedrivan ejn pa'sin 36 toi'" ajgw'sin oiJ'" hJ povli" suntelei': oJmoivw" de; kai; oiJ; ajgwnoqevtai tw''n megavlwn Swthrivwn kai; JRwmaivwn thvn te eijskhvruxin kai; th;n stefavnwsin poieivsqws[an], ejpa;n ejpitelw'sin ta;" qusiva" ejn tw/' qeavtrw/ th/' treiskaidekavth/: i{na de; suntelesqw'sin h{ te eijkw;n hJ crush' kai; hJ stuliv", parakalevsai jArcivpphn th;n Di40 kaiogevnou ajnadevxasqai kai; tauvthn th;n dapavnhn, kaqovti kai; ejn touvtoi["] filagaqou'sa sunepidevdwken: ta; de; kata; th;n ejpaggelivan tou' ajnaqevmato" kai; ta; kata; ta;" suncwrhvsei" aujth/' kai; ta; loipa; ta; progegrammevna pav[n]ta ejpitelei'sqai, ginomevnh" th'" peri; eJkavstwn oijkonomiva" kai; dioikhvsew" k[a] 44 qovti ejn tw/' yhfivsmati prodiasesavfhtai: dedovsqai de; uJpo; tou' dhvmou jArcivpph/ kai; th;n ajleitourghsivan kaiv, ejpa;n teleuthvsh/ jArcivpph, stefanwsavtwsan aujth;n ejpi; th'" ejkfora'" oiJ kata; to;n kairo;n o[nte" strathgoi; stefavnw/ crusw/' ajnagoreuvonte" o{ti ‘oJ Dh'mo" stefanoi' jArcivpphn th;n Dikaiogev48 nou stefavnw/ crusw/' ajreth'" e{neken kai; eujnoiva" th'" eij" eJautovn’: to; de; eij" to;n stevfanon ajnhvlwma dovtwsan oiJ strathgoi; para; th'" povlew": dedovsqai jArcivpph/ kai; tafh;n ouJ' kai; oiJ loipoi; oiJ th'" povlew" eijsin eujergevtai teqammevnoi: sunexenegkavtw de; jArcivpphn kai; oJ gumnasivarco" meta; tw'n ejfhvbwn: tou;" de; cil[iv]52 ou" stath'ra" tou' calkou' diagravyai jArcivpphn ejn tw'/ mhni; tw/' Terfeivw/ meta; pruvtanin jAqhvnaion toi'" ejsomevnoi" ejpi; th'" ajpodovsew" tw'n daneivwn ajndravsin: tou;" de; diagrayamevnou" katacrh'sqai kai; touvtoi" toi'" diafovroi" meta; tw'n loipw'n tw'n piptovntwn pro;" aujtou;" crhmavtwn : to;n de; tamivan to;n ejpi; th'" dioikhvsew" to;n ejsomev56 non ajn’e{kaston ejniautovn, ejpa;n ajpodoqw'sin uJpo; jArcivpph" oiJ civlioi stath're",
60
diagrav-fein ejpavnagke" e[n te tw/' mhni; tw/' Qaxivw/ toi'" strathgoi'" calkou' stath'ra" devka kai; th/' boulh/' pandhvmw/ calkou' stath'ra" tessavrakonta kai; ejn tw'/ mhni; tw/' Terfeivw/ diagravfein toi'" aujtoi'" to; i[son plh'qo" tou' diafovrou ùtou;" de; diagrayamevnou" ta; diavfora ejpitelei'n ta;" qusiva" ejn tw/' bouleuterivw/ ejpi; tou' kataskeu asmevnou bwmou' ejn eJkatevrw/ mhni; th/' dwdekavthi kai; pevmpein ajpo; th'" qusiva" jArcivpph/ gevra" e{w" tou' zh'n aujthvn : tou;" de; a[ndra" tou;" ajpodeiknumevnou" ejpi; th'" ajpodovsew" tw'n politikw'n daneivwn ajn’e{kaston ejniauto;n touvtou plei'on diagravfein toi'" diafovroi" tw'/ tamiva/ tw/'/ ejpi; th'" dioikhvvsew" eij" ta; kata; th;n dioivkhsin th'" povlew" : eja;n de; mh; ajpodeiknuvwntai mhkevti oiJ a[ndre", oiJ ceiristai; oiJ ginovmenoi kat’ejniauto;n e{kasta ejpiteleivtwsan kaqovti kai; toi'" ajndravsin ejpitevtaktai dia; touvtou tou' yhfivsmato" h] o}" a]n kata; to;n kairo;n e[c[h/]
64
68
th;n ejxousivan ù kai; ejpa;n de; divdwtai to; tavlanton uJpo; tou' jArcivpph" klhronovmou, ejx ouJ' diatevtaktai tokizovmenou tovn te katagorasmo;n tw'n swmavtwn genevsqai kai; ta; kata; th;n ejpiskeuh;n tou' bouleuterivou ejpitelei'sqai, oJ dh'mo" dia; tw'n ejsomevnwn kata; to;n kairo;n strathgw'n kai; sunevdrwn gravya" yhfivs-
72
ma kurwsavtw periv te th'" tw'n diafovrwn lhvyew" kai; tou' ejktokismou' aujtw'n kai; peri; ejpistavtou tou' ejsomevnou kat’ejniauto;n ejpi; te th'" ejpiskeuh'" tou' bouleuterivou kai; tou' katagorasmou' tw'n swmavtwn kai; th'" trofh'" aujtw'n kai; ajmfiesmou' kai; ojywnivou ù kai; i{na ejavn ti tw'n katagorasqhsomevnwn swmavtwn pav[qh,/ oJ]
76
kata; to;n kairo;n ejsovmeno" ejpistavth" ajgoravsh a[llo sw'ma w{[s]te mh; ejlavssona uJpavrcein dia; panto;" tw'n tessavrwn ùejpiklhrwsavtw de; kai; oJ ejsovmeno" e[mmhno["] strathgo;" JElikw'na to;n jApollwnivou ejpiv te fu[lh;]n kai; fravtran kai; kaq’a} ajna[di]dovtw grafh;n tw/' grammatei' tw'n nomofulavkwn kai; eij" to; ajntigrafi'on kai; m[e]-
80
tecevtw pavntwn w;'n kai; oiJ a[lloi poli'tai ù mhdeni; de; ejxevstw xuvla kavein mhv[te] ejn tw/' naw/' mhvte ejn tw/' pronaw/' mhde; ejn tai'" stoai'" tai'" ajnatiqemevnai" uJpo;; jArcivpph mhde; pivnaka" mhde; a[llo ajnavqema mhqe;n e[stw ejk tw'n dokw'n krimnav[sai] ù eij de; mhv, kwluevtwsan to;n touvtwn ti poiou'nta o[iJ iJ]eronovmoi kai; oiJ ajgoranovmoi, [w/] J'
84
a]n duvnwntai trovpw/, kai; zhmiouvtwsan e{w" sta[t]hvrwn pevnte, o[nte" ajnupovdik[oi], kai; praxavtwsan th;n zhmivan w/J' a]n duvnwntai [tr]ovpw/, kai; ta; diavfora tau'ta uJ-
pavrcein eij" th;n ejpiskeuh;n tou' iJerou' ù eja;n de; mh; duvnwntai pra'xai, ajnagrayavtwsan, kai; mhqe;n hJ'sson oJ boulovmeno" to;n touvtwn t[i] poiou'nta kwluevtw ajzhvmio["] ù 88 eja;n dev ti" tw'n ejn tw/' yh[fiv]smati touvtw/ katakecwrismevnwn ti mh; poihvsh h] blavyh/ th;n povlin h] ajdikhvsh/ wJ/tiniou'n trovpw/, eij'nai kata; tou' ejnantivon ti poihvsanto" e[[n] deixin kata; ta; peri; tw'n katecovntwn ti h] ajdikouvntwn to;n dh'mon e[ggrafa ù ta; de; kata; to; ajnavqema kai; th;n tou' talavntou ejpaggelivan kai; ta; loipa; ta; dia; tou' yhf[ivs]92 mato" dhlouvmena ejpitelei'sqai kurivwn genomevnwn jArcivpph kai; oJ dh'mo" dia; t[ou'] yhfivsmato" proeivrhtai ù eij'nai de; to; yhvfisma tou'to ejpi; swth[riv]a/ th'" te p[ovl]ew" kai; tw'n politw'n ù proevqhkan oiJ strathgoi; pavnte" ù ejpi; jAq[hn]aivou, mhn[o;"] Terfeivou pevm[pth]i ajpiovnto".
----------------------------------------------------------------------------------une poursuite] judiciaire, selon ce qui est prescrit ci-dessus, contre ceux qui endommagent ou occupent l’un des monuments ci-dessus, ou qui s’opposent aux règles édictées par ce décret ; 4 que les commissaires veillent à ce que l’autel de marbre soit érigé devant le temple, dans la zone consacrée ; que les citoyens accordent à Archippè,comme elle le demande, qu’Hélicon, son intendant, qui a pour père Apollônios, citoyen d’Antioche près de Daphnè, devienne notre concitoyen ; 8 que l’on ait soin, pour elle-même, de l’honorer des honneurs qui conviennent ; que lui soit accordée l’exemption des liturgies comme elle l’a demandé en faisant valoir sa situation ; le peuple, considérant l’ampleur des dépenses d’Archippè et ses bienfaits en toute circonstance, agrée sa valeur 12 et sa munificence, estimant que sa vertu et sa famille doivent être reconnues et agréées et que son désir de gloire pour la patrie doit être loué ; pour avoir reçu d’elle les plus grandes marques de générosité, et l’avoir jugée digne des honneurs les plus glorieux qu’il s’empresse de lui décerner, 16 parce qu’il a fait choix de lui répondre par une bienveillance digne de sa valeur, il estime qu’il faut l’honorer également d’une statue d’or ; à la à la Bonne Fortune, et pour le salut [de la cité], plaise au Peuple : de décerner l’éloge à Archippè fille de Dikaiogénès pour la vertu de sa personne et sa bienséance, sa détermination pour la patrie 20 et parce qu’elle agit conformément à la noblesse héritée de ses ancêtres en s’adonnant aux actions signalées ci-dessus et en mettant son désir de gloire au service du beau, de l’éclatant et du domaine d’une renommée impérissable, ce qui a eu pour effet que ses proches sont honorés 24 d’une manière digne du soin et de l’affection qu’Archippè a pour eux et que la cité elle aussi est embellie et rendue plus éclatante ; afin que ce zèle ne reste pas ignoré de ceux qui viendront après et qu’ils sachent que le peuple reconnaissant envers ceux qui font preuve de noblesse, qu’on l’honore 28 d’une couronne d’or et d’une statue d’or pour sa valeur et le dévouement qu’elle
ne cesse d’avoir envers la patrie ; qu’on érige la statue d’or sur une colonne de marbre dans l’enceinte du bouleutérion qu’a consacré Archippè, avec l’inscription : « Le Peuple (honore) Archippè fille de Dikaiogénès pour sa valeur et son 32 dévouement envers lui » ; que l’agonothète des Dionysies fasse la proclamation de la couronne et de la statue lors du premier concours des enfants et qu’à l’avenir l’agonothète en fonction honore toujours Archippè de la couronne d’or et qu’il l’invite à la proédrie dans tous les concours 36 que la cité organise ; de la même manière que les aganothètes des grandes Sôtéria et Rômaia fassent la proclamation et la remise de la couronne après la célébration des sacrifices au théâtre, le treizième jour ; afin que la statue d’or et la colonne soient réalisées, que l’on prie Archippè 40 fille de Dikaiogénès d’assumer également cette dépense, de même que, par désir du bien, elle a contribué à de telles générosités ; que ce qui relève de la promesse des monuments votifs et ce qu’elle a accordé et tout ce qui a été prescrit ci-dessus soit réalisé, en pratiquant en tous points la gestion administrative et financière 44 qui a été exposée précédement dans ce décret ; que le peuple accorde également à Archippè l’exemption des liturgies et qu’après le décès d’Archippè, les stratèges qui seront en fonction à ce moment la couronnent au cours du convoi d’une couronne d’or en proclamant que « Le Peuple couronne Archippè fille de Dikaiogénès 48 d’une couronne d’or pour sa valeur et son dévouement envers lui » ; la dépense pour la couronne sera réglée par les stratèges sur fonds publics ; que l’on accorde également à Archippè une inhumation là où les autres bienfaiteurs de la cité sont inhumés ; que le convoi funèbre d’Archippé soit conduit par le gymnasiarque accompagné des éphèbes ; 52 qu’Archippè mette la somme de mille statères en numéraire de bronze au compte des hommes préposés à la recette des prêts publics au mois de Terpheios après la prytanie d’Athénaios ; que ceux-ci l’enregistrent et qu’ils en fassent fructifier les revenus avec les autres
sommes qui leur échoient ; une fois la somme de mille statères versée par Archippè, 56 au que le caissier chargé de la gestion qui sera en fonction chaque année porte impérativement compte des stratèges, au mois de Thaxios, une somme de 10 statères en numéraire de bronze et de 40 statères en numéraire de bronze à celui de la Boulè pandèmos et qu’au mois de Terpheios il porte aux mêmes comptes une somme du même montant ; que ceux qui 60 auront reçu en compte ces sommes accomplissent les sacrifices au bouleutérion sur l’autel qui y a été construit le 12 de ces deux mois et qu’ils envoient une part d’honneur du sacrifice à Archippè sa vie durant ; que les hommes qui seront en fonction à la recette des prêts publics enregistrent chaque année le surplus 64 de ceci auprès du caissier chargé de l’administration, au titre des fonds publics, pour les finances de l’administration de la cité ; si on cessait de désigner des hommes à ces fonctions, que les administrateurs en place chaque année effectuent tout ce qui est prescrit à ces hommes par ce décret, ou quiconque en aura le pouvoir 68 à ce moment ; une fois qu’aura été versé par l’héritier d’Archippè le talent dont il est prescrit que les intérêts serviront à l’acquisition des esclaves et à l’entretien du bouleutérion, que le peuple, valide le décret, proposé par l’intermédiaire des stratèges et des conseillers 72 en fonction alors, sur la perception des sommes [en provenant] et sur leur réengagement ainsi que sur le commissaire qui sera préposé chaque année à l’entretien du bouleutérion et à l’achat des esclaves, à leur nourriture, leur habillement et leur pécule ; si l’un des esclaves achetés venait à mourir, 76 que le commissaire qui sera en fonction alors achète un autre esclave, afin qu’ils ne soient jamais moins de quatre ; que le prochain stratège mensuel fasse tirer au sort à Hélicon fils d’Apollonios sa tribu et sa phratra et que celui-ci en transmette le document au secrétaire des nomophylaques et aux archives, et qu’il ait part 80 à tous les droits des autres citoyens ; qu’il ne soit permis à personne de brûler du bois
ni dans le temple, ni dans le pronaos, ni dans les portiques consacrés par Archippè, et qu’il ne soit pas permis plus d’accrocher aux poutres des tablettes ou d’autres ex-votos ; si non, que les hiéronomes et les agoranomes fassent obstacle aux auteurs de telles infractions 84 sans par toute voie à leur disposition et qu’ils les frappent d’une amende jusqu’à cinq statères, être passibles de poursuite, et qu’ils perçoivent l’amende par toute voie à leur disposition, et que ces revenus servent à l’entretien du sanctuaire ; s’ils ne peuvent la percevoir, qu’ils intentent une action et que, pour autant, chacun puisse faire obstacle au contrevenant, sans être passible d’amende ; 88 si quelqu’un ne se conforme pas à l’une des dispositions de ce décret, ou porte préjudice la cité ou lui fait du tort de quelque façon, que l’on entame contre le contrevenant une procédure en vertu des lois sur les recels et les détournements au détriment du peuple ; que les clauses sur la consécration, la promesse du talent et tout ce qui est exposé 92 dans ce décret, une fois ratifiées, soient réalisées par Archippè et le peuple, comme prescrit par le décret ; puisse ce décret contribuer au salut de la cité et de ses citoyens ; les stratèges l’ont tous ensemble présenté [au peuple], sous [la prytanie] d’Athénaios au cinquième jour avant la fin de Terpheios.
Texte 7-8 (pilier A IV-V - SEG 33, 1038 et 1038A) Yhvfisma peri; qusiva" uJpe;r jArcivpph": e[doxen th'/ boulh/', gnwvmh strathgw'n kai; fulavrcwn kai; tw'n sunevdrwn ùejpeidh;; jArcivpph" th'" Di4 kaiogevnou eij" ejpisfalh' kai; ejpikivndunon ejnpesouvsh" ajsqevneian hjgwnivasen oJ dh'mo" dia; to; ejktenw'" diakei'sqai pro;" aujthvn, uJpavrcousan eu[takton kai; swvfrona kai; ajxivan th'" te ijdiva" 8 kai; th'" tw'n progovnwn kalokajgaqiva", kai; polla;" kai; megavla" ajpodeivxei" pepoih'sqai th'" pro;" th;n patrivda eujnoiva" te kai; filagaqiva", nu'n de; su;n th/' tw'n qew'n pronoiva/ ejn beltivoni uJpar12 couvsh" diaqevsei hJdovmeno" megavlw" o' dh'mo" ejpi; th/' swthriva/ aujth'" kalw'" e[con hJgei'tai kai; oijkei'on th'" ou[sh" aujtw'/ pro; jArcivpphn eujnoiva" ejpitelevsai toi'" qeoi'" ejpi; touvtoi" ta; prevponta caris16 thvria, dio; kai; ejp’ ajgaqh/' tuvch/: dedovcqai tw/' Dhvmw/ : tou;" strathgou;" qusivan ejpitelevsai toi'" qeoi'" uJpe;r th'" jArcivpph" swthriva" kai; uJgieiva" : Dio", ejpi; jAqhnaivou tou' Xevnwno".
Texte 8 l. 13-4
proevqekan oiJ strathgoi; pavnte", Terfeivou pevmth/ ajpiovnto", ejpi; jAqhnaivou.
Décret sur le sacrifice pour Archippè ; il a plu au Conseil, sur proposition des stratèges et phylarques, ainsi que des conseillers ; attendu que, comme Archippè, fille 4 de Dikaiogénès, souffrait d’une maladie grave et dangereuse, le peuple était dans l’angoisse, du fait de son profond attachement à celle-ci, qui est parfaitement rangée et vertueuse, digne de sa noblesse propre 8 et de celle de ses ancêtres, ainsi que du fait des nombreux et importants témoignages de dévouement et de générosité qu’elle a donnés à la patrie ; et que, comme maintenant, grâce à la providence divine, elle est dans un meilleur 12 état, le peuple qui s’en réjouit grandement estime qu’il est bon pour la guérison de celle-ci et conforme à la bienveillance qu’il éprouve pour Archippè d’offrir aux dieux les marques de reconnaissance qui conviennent dans ce cas ; 16 c’est pourquoi, à la Bonne Fortune, plaise au Peuple : que les stratèges offrent un sacrifice aux dieux pour la guérison et la santé d’Archippè ; au mois de Dios, sous [la prytanie] d’Athénaios fils de Xénôn.
[Le même texte est gravé en A V, avec l’ajout suivant à la fin] : les stratèges l’ont tous ensemble présenté [au peuple], au cinquième jour avant la fin du mois de Terpheios, sous [la prytanie] d’Athénaios.
∗ Pour cette réédition, j’ai très largement repris le texte du SEG, sans toutefois pointer les lettres incomplètes, dont la lecture ne présente aucune difficulté, comme on peut le vérifier sur les photos publiées. Ma traduction doit beaucoup à celle d’I. SAVALLI-LESTRADE. Pour faciliter la consultation du texte grec, qui présente toutes les caractéristiques de la phraséologie de l’époque, notamment dans ses lourdeurs, je me suis attaché à le suivre au plus près, en respectant autant que possible le découpage des lignes.
[i] Bull.ép. 1968, 445, avant la découverte du deuxième bloc accordant à Archippè le droit de faire
graver les décrets de son choix sur le bouleutérion, d’où la rectification de MALAY H. (1983), reprise SEG 33.
[ii] Cf. HELLMANN (1999) ; contra SAVALLI-LESTRADE (2003). B I, l. 5, l’autel est évidemment en
marbre et non plaqué de marbre.
[iii] Le premier a été publié par ENGELMANN H. (1976). [iv] Réédition du décret B III avec traduction et commentaire architectural par HELLMANN (1999) ;
traduction des décrets B III et B I par BIELMANN (2002).
[v] Quelques conclusions ont été présentées brièvement PICARD (2003), p. 169-172. [vi] Il n’y a pas à imaginer qu’Archippé aurait apposé sa propre dédicace au fronton du bâtiment,
comme le propose SAVALLI-LESTRADE (2003), p. 261 et dans sa traduction.
[vii] SAVALLI-LESTRADE (2003), p. 261-263. [viii] Je me sépare ici de VAN BREMEN (1996). [ix] Cela a été bien vu par
VAN
BREMEN (1996), p.14.
[x] Voir là-dessus HELLMANN (1999), p. 85 et HELLMANN (2002), p. 37-43. [xi] CHANKOWSKI A. (1998), p. 175-180 et 187-190, qui cite des exemples comparables dans d’autres
cités.
[xii] C’est aussi la traduction adoptée par BIELMANN (2002). [xiii] GINOUVÈS (1992), p. 182. HELLMANN (2002), p. 298-299. [xiv] Voir BILLOT M.-Fr. (1997). [xv] Voir BILLOT M.-Fr. (2000). [xvi] MARTIN R. (1965), p. 21-31. [xvii] Sur cette institution, voir SAVALLI-LESTRADE (2003), p. 264.
[xviii] SAVALLI-LESTRADE (2003), p. 284, estime que le plh'qo" distribué à chaque tribu et aux paroikoi
comporte de l’argent (les 70 drachmes d’argent attique ou les 50 statères donnés à la Boulè ?) et le vin, sans doute à cause de la distribution d’argent en A III. Cela me paraît très douteux, ne serait-ce que parce que cette somme de 70 drachmes, la même pour les tribus et les paroikoi, serait en « argent d’étalon attique ».
[xix] Il faut bien sûr comprendre que, comme à chaque tribu, cette somme est versée collectivement
à l’ensemble des métèques et des affranchis, qui constituaient donc une forme de groupement.
[xx] Sur le sens de th;n kurieivan parecwvrei, B II, l. 6, voir WÖRRLE (1988), p.156 et VAN REDEN
( 1996), p.15.
[xxi] CHANTRAINE P. (1968-1980), s.v. traduisait « ferme, domaine campagnard ». [xxii] Traduction de SAVALLI-LESTRADE (2003). [xxiii] D’où le point d’interrogation de SAVALLI-LESTRADE (2003). [xxiv] J. et L. ROBERT, Bull.ép., 1984, 351. [xxv] Traduction de SAVALLI-LESTRADE (2003). [xxvi] Voir OAKLEY, J.H. (1982) et LORBER C.C. – HOOVER O.D. (2003), pl. 16, 5. [xxvii] MASSON O. (1987), a étudié les noms des monétaires mais non la chronologie des émissions. [xxviii] GAUTHIER Ph. (1982). DELRIEUX F. (2001). [xxix] Bull.ép. 1968, n° 445. BEAN G.E. (1966) et HÖNLE A. (1967) les plaçaient un peu plus haut, au
milieu ou au tout début du IIe s.
[xxx] SAVALLI-LESTRADE (2003), p.250. [xxxi] SAVALLI-LESTRADE (2003), p.267. [xxxii] J. et L. ROBERT (1989), p.29-40. [xxxiii] HELLMANN M.-Chr., (1999), n° 85. MARCELLESI M.-Chr. (à paraître). [xxxiv] MIGEOTTE L. (1984). [xxxv] CHANKOWSKI-SABLÉ V. (1999). [xxxvi] ZIEBARTH E. (1914), Aus dem griechischen Schulwesen². [xxxvii] Voir nos remarques L’exception égyptienne ?, Fr. Duyrat – O. Picard éd. (sous presse). [xxxviii] PICARD O. (1991). [xxxix] GRANDJEAN C. (1995). [xl] PICARD O. (2001).